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Cuba à l'ONU

Michael Patrick..., Miércoles, Septiembre 24, 2008 - 23:23

Machado Ventura

INTERVENTION DE M. MACHADO VENTURA, PREMIER VICE-PRÉSIDENT DU CONSEIL D’ÉTAT DE LA RÉPUBLIQUE DE CUBA, AU DÉBAT GÉNÉRAL DE LA SOIXANTE-TROISIÈME SESSION DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DES NATIONS UNIES, SEPTEMBRE 2008

INTERVENTION DE M. MACHADO VENTURA, PREMIER VICE-PRÉSIDENT DU CONSEIL D’ÉTAT DE LA RÉPUBLIQUE DE CUBA, AU DÉBAT GÉNÉRAL DE LA SOIXANTE-TROISIÈME SESSION DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DES NATIONS UNIES, SEPTEMBRE 2008

Monsieur le Président

L’humanité vit un moment décisif de son histoire. Les menaces qui planent sur le monde concernent l’existence même de notre espèce humaine.

La seule voie qui garantisse l’avenir est la paix, la solidarité, la justice sociale et le développement durable. A l’ordre international en vigueur, injuste et intenable, il faut en substituer un nouveau, vraiment démocratique et équitable qui repose sur le respect du droit international et sur des principes de solidarité et de justice, et qui élimine à jamais les inégalités et l’exclusion auxquelles ont été vouées les vastes majorités de notre planète.

Il n’y a pas d’échappatoire. Les responsables de cet état de choses, à savoir les pays industrialisés, et, en tout premier lieu, la seule superpuissance, doivent assumer leurs responsabilités. On ne saurait continuer de dilapider des sommes colossales alors que des millions d’êtres humains ont faim et meurent de maladies curables. On ne peut continuer de polluer l’air et d’empoisonner les océans, autrement dit de détruire le milieu de vie des générations futures. Les peuples, non plus que la planète, ne le permettront pas à moins de graves troubles sociaux et de gravissimes catastrophes naturelles.

Monsieur le Président

Les guerres de conquête, l’agression contre des pays et leur occupation illégale, l’intervention militaire et le bombardement de populations civiles, le surarmement, le pillage et le vol des ressources naturelles du Tiers-monde, l’offensive impériale visant à faire plier la résistance des peuples qui défendent leurs droits, constituent les plus grandes et les pires menaces à la paix et à la sécurité internationales.

Des concepts tels que la souveraineté limitée, la guerre préventive ou le changement de régime traduisent l’ambition de châtrer l’indépendance de nos pays.

Le prétendu combat contre le terrorisme et la prétendue promotion des libertés ne sont guère que des prétextes permettant de justifier l’agression et l’occupation militaire, la torture, la détention arbitraire, le déni de l’autodétermination des peuples, les blocus injustes et les sanctions unilatérales, la mise en place, par la force, de modèles politiques, économique et sociaux qui facilitent la mainmise impériale, au mépris absolu de l’histoire, des cultures et de la volonté souveraine des peuples.

L’abîme ne cesse de se creuser entre les riches et les pauvres. Les très modestes Objectifs du Millénaire pour le développement constituent un rêve irréalisable pour les vastes majorités.

Alors que le monde dépense un billion de dollars en armements, plus de 850 millions d’êtres humains ont faim.
1,1 milliard de personnes n’ont pas l’eau potable, 2,6 milliards n’ont pas de services d’assainissement et plus de 800 millions sont analphabètes.

Plus de 640 millions d’enfants n’ont pas de logements adéquats, 115 millions ne vont pas à l’école primaire et 10 millions meurent tous les ans avant d’avoir atteint cinq ans, dans la plupart des cas à cause de maladies curables.

Les populations des pays du Sud sont victimes de catastrophes naturelles toujours plus fréquentes, aux conséquences aggravées par les changements climatiques. Haïti, la Jamaïque, Cuba et d’autres pays des Caraïbes en sont des exemples. Nous lançons notamment un appel à la solidarité avec le peuple frère haïtien qui vit une situation dramatique.

La hausse des cours du pétrole découle de la consommation irrationnelle, d’une très force activité spéculative et des équipées militaires de l’Empire. La recherche désespérée de nouvelles sources d’énergie a conduit à une stratégie criminelle sous la poussée de l’administration étasunienne : convertir les grains et céréales en carburants.

Monsieur le Président

La situation devient intenable pour une bonne partie des pays non alignés. Nos nations ont payé et nous devrons continuer de payer les coûts et les conséquences de l’irrationalité, du gaspillage et de la spéculation de quelques rares pays du Nord industriel, responsables de la crise alimentaire mondiale, qui ont imposé aux pays en développement la libéralisation commerciale et les recettes financières d’ajustement structurel, qui ont provoqué la ruine de nombreux petits producteurs, qui ont nié, voire détruit dans certains cas le développement agricole en cours de pays du Sud, les convertissant en importateurs nets d’aliments.

Ce sont eux qui maintiennent des subventions agricoles scandaleuses, tout en imposant leurs règles du jeu au commerce international. Qui fixent les prix, monopolisent les technologies, imposent des certifications injustes et manipulent les réseaux de distribution, les sources de financement et le commerce. Qui contrôlent le transport, la recherche scientifique, les fonds génétiques et la production d’engrais et de pesticides.

Monsieur le Président

Nous ne sommes pas venus ici nous plaindre. Nous sommes venus, au nom du Mouvement des pays non alignés, exiger et défendre les revendications de milliards d’êtres humains qui réclament la justice et leurs droits.

La formule n’est pas difficile et n’exige pas de grands sacrifices. Il y faut juste la volonté politique requise, moins d’égoïsme et la compréhension objective que, si nous n’agissons pas dès maintenant, les conséquences pourraient être apocalyptiques et toucheraient aussi les riches et les puissants. Aussi Cuba appelle-t-elle de nouveau les gouvernements des pays développés, au nom du Mouvement des pays non alignés, à tenir leurs engagements et les invite-t-elle en particulier :
• À mettre fin aux guerres d’occupation, au pillage des ressources des pays du Tiers-monde et à dégager une partie de leurs fabuleuses dépenses militaires pour la destiner à l’aide internationale en faveur du développement durable.

• A destiner à la production alimentaire le quart de l’argent gaspillé chaque année en publicité, soit quasiment 250 milliards de dollars qui permettraient de combattre la faim et la dénutrition.

• A destiner au développement agropastoral du Sud l’argent consacré par le Nord à des subventions, ce qui permettrait à nos pays de disposer d’environ 1 milliard de dollars par jour à investir dans la production alimentaire.

• A tenir leurs engagements du Protocole de Kyoto et à fixer des engagements plus ambitieux en matière de réduction d’émissions à partir de 2012, sans prétendre imposer des réductions à des pays dont les émissions par habitant sont largement inférieures à celles des pays du Nord.

• A promouvoir l’accès du Tiers-monde aux technologies et à soutenir la formation de ses ressources humaines. Or, bien au contraire, le personnel qualifié du Sud est soumis à la concurrence déloyale et aux incitations que représentent les politiques migratoires des Etats-Unis et d’Europe, de nature sélective et discriminatoire.

• A, ce qui est encore plus urgent, instaurer un ordre international démocratique et équitable et un système de commerce juste et transparent où tous les Etats participeraient d’une manière souveraine aux décisions les concernant.

Nous sommes absolument convaincus que la solidarité peut s’instaurer entre les peuples et entre les gouvernements. J’en veux pour preuve en Amérique latine l’Alternative bolivarienne pour les Amériques (ALBA) et Petrocaribe.

Monsieur le Président,

Le Mouvement des pays non alignés est resté fidèle à ses principes fondateurs.

Nous appuyons la cause du peuple palestinien et son droit inaliénable à l’autodétermination au sein d’un Etat indépendant et souverain, avec Jérusalem-Est comme capitale.
Nous appuyons la cause des autres peuples dont la souveraineté et l’intégrité territoriales sont menacées, tels le Venezuela et la Bolivie, et soutenons le droit de Porto Rico à l’indépendance.

Nous condamnons les mesures de coercition unilatérales, qui violent le droit international, et les tentatives d’imposer un seul modèle de système politique, économique et social. Nous nous opposons aux pratiques négatives consistant à juger et certifier les pays en fonction des modèles et des intérêts des puissants. Nous dénonçons résolument l’intoxication politique et le deux poids deux mesures en matière de droits de l’homme, et nous refusons les résolutions sélectives et politiquement motivées contre les pays du Mouvement.

La mise en place du Conseil des droits de l’homme offre l’occasion d’ouvrir une nouvelle étape dans la promotion et la protection de tous les droits de l’homme pour tous, sur des bases de coopération internationale et de dialogue constructif. Ceux qui ont provoqué la disparition de l’ancienne Commission des droits de l’homme tentent maintenant de disqualifier le Conseil parce qu’ils n’ont pas pu le plier à leurs intérêts. Ils refusent de participer à ses travaux pour éluder le scrutin de la communauté internationale sous forme d’Examen périodique universel.

La légitimité du Conseil ne dépend pas de la perception que peut en avoir l’Empire, mais de sa capacité à assumer son mandat en s’en tenant strictement aux principes d’universalité, d’objectivité, d’impartialité et de non-sélectivité dans le traitement des droits de l’homme.

Le Mouvement des pays non alignés continuera de défendre les intérêts du Tiers-monde et de promouvoir la mise en place d’un monde plus juste, plus démocratique et plus solidaire.

Monsieur le Président

Cuba a dû payer très cher la défense de son indépendance et de sa souveraineté.

L’héroïque peuple cubain continue de résister au blocus le plus cruel et le plus prolongé de l’Histoire que lui impose la plus forte puissance de la Terre. Bien que cette Assemblée se soit prononcée à maintes reprises et à une majorité écrasante pour la cessation de cette politique génocidaire, l’administration étasunienne ne s’est pas bornée à ignorer la volonté de la communauté internationale : affichant clairement le mépris qu’elle lui voue, elle a intensifié encore plus, au contraire, sa guerre économique contre Cuba.

Jamais aucun gouvernement n’a recouru en politique extérieure à une panoplie si vaste et si perfectionnée de mesures agressives dans tous les domaines : politique, économique, culturel, diplomatique, militaire, psychologique et idéologique.

Cuba vient d’être frappée par deux puissants cyclones qui ont dévasté son agriculture et sérieusement touché une partie de son infrastructure et endommagé ou détruit plus de quatre cent mille logements.

Permettez-moi de saisir l’occasion pour remercier, au nom du gouvernement et du peuple cubains, les pays, organisations et personnes qui ont contribué d’une façon ou d’une autre, en tout honnêteté et sincérité, par des ressources matérielles ou leur soutien moral, aux efforts de relèvement de mon pays.

Ce qui contraste avec la position adoptée par l’administration étasunienne qui s’entête à appliquer impitoyablement son blocus.

Cuba n’a pas demandé le moindre cadeau à l’administration étasunienne. Elle lui a tout bonnement demandé qu’elle lui permette d’acheter les matériaux indispensables pour reconstruire les logements et les réseaux électriques et d’autoriser les sociétés privées de ce pays à lui octroyer des crédits commerciaux pour acheter des aliments. Elle s’est heurtée à une fin de non-recevoir de la part de l’administration étasunienne, qui a doublé la mise en tentant de manipuler l’information pour faire croire à l’opinion publique qu’elle se préoccupait pour le bien-être du peuple cubain, mais que le gouvernement cubain avait repoussé son offre.

Si les Etats-Unis se souciaient vraiment du sort du peuple cubain, la seule attitude vraiment morale de leur part consisterait à lever le blocus qu’ils imposent à Cuba depuis cinquante ans en violation des normes les plus élémentaires du droit international et de la Charte des Nations Unies !

Cette politique irrationnelle vise, on le sait, un seul objectif : détruire la Révolution par lequel le peuple cubain a engagé de si profondes transformations depuis 1959. Bref, bafouer son droit à l’autodétermination, lui ôter sa liberté, lui arracher ses conquêtes politiques, économiques et sociales et le ramener à son statut antérieur de néocolonie.

L’administration Bush, faisant étalage du cynisme et de l’hypocrisie qui la caractérisent, prétend justifier la recrudescence de sa politique contre Cuba en recourant une fois de plus à la fraude et au mensonge, au point de présenter sa volonté de domination et de recolonisation de Cuba rien moins que comme une entreprise de libération et de démocratisation.

Qui donc, exception faite de ses complices, reconnaît encore en ce monde la moindre autorité à l’administration Bush en matière de démocratie et de droits de l’homme ?

Quelle autorité pourrait donc bien revendiquer un gouvernement qui traque et maltraite les immigrants irréguliers de la manière la plus cruelle à sa frontière Sud, qui légalise la torture et qui maintient dans des camps de concentration, comme celui qu’elle a installé sur le territoire illégalement occupé de Guantánamo, des personnes contre lesquelles aucun chef d’accusation n’a été prouvé ni même présenté ?

Quel respect pourrait donc bien mériter un gouvernement qui viole la souveraineté d’autres Etats sous prétexte de lutte contre le terrorisme, tout en assurant l’impunité à des terroristes sévissant contre Cuba ?

Quelle justice pourrait donc bien promouvoir une administration qui emprisonne illégalement cinq patriotes cubains dont le seul crime était de chercher des informations permettant de neutraliser les actions des groupes terroristes qui opèrent contre Cuba depuis les Etats-Unis ?

Monsieur le Président

Cuba sait gré à cette Assemblée générale de la solidarité qu’elle lui a prodiguée dans sa lutte contre le blocus et contre les agressions auxquelles elle est en butte depuis presque cinquante ans.

Cuba réaffirme sa décision inébranlable de défendre sa souveraineté et son indépendance.

Cuba réitère sa volonté de poursuivre, aux côtés des membres du Mouvement des pays non alignés, sa bataille pour un monde meilleur où le droit de tous les peuples à la justice et au développement sera respecté.

Je conclus sur les mots du chef de la Révolution cubaine, le compañero Fidel Castro : « Un monde sans faim est possible. […] Un monde juste est possible. Le monde nouveau, que mérite largement notre espèce, est possible et il sera ! »

Je vous remercie.

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