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La presse indépendante affaiblie

vieuxcmaq, Monday, December 11, 2000 - 12:00

Hamouda Soubhi (hsoubhi@alternatives.ca)

L'interdiction samedi de trois hebdomadaires marocains - Le Journal, Assahifa et Demain - a affaibli la jeune presse indépendante et souligné, selon les milieux professionels, les limites à la liberté d'expression au Maroc. Cette décision a été officiellement justifiée par des atteintes à "la stabilité de l'Etat" et des "attaques" contre les "fondements institutionnels sacrés" du pays par le biais de la publication de documents ou de commentaires de presse. Sur le plan juridique, l'exécutif a recouru à l'article 77 du code de la presse qui permet au Premier ministre d'interdire une publication si son contenu est jugé hostile aux "fondements de l'Etat".

La presse indépendante affaiblie
Par Jawad Jahouhari, Journaliste indépendant

L'interdiction samedi de trois hebdomadaires marocains - Le Journal, Assahifa et Demain - a affaibli la jeune presse indépendante et souligné, selon les milieux professionels, les limites à la liberté d'expression au Maroc. Cette décision a été officiellement justifiée par des atteintes à "la stabilité de l'Etat" et des "attaques" contre les "fondements institutionnels sacrés" du pays par le biais de la publication de documents ou de commentaires de presse. Sur le plan juridique, l'exécutif a recouru à l'article 77 du code de la presse qui permet au Premier ministre d'interdire une publication si son contenu est jugé hostile aux "fondements de l'Etat".

Le gouvernement a reproché surtout aux trois hebdomadaires d'avoir publié ou commenté une lettre non datée, rédigée en 1974, qui affirme que la gauche marocaine était mêlée au coup d'Etat manqué contre le roi Hassan II en 1972. Cette lettre attribuée à Mohamed Basri, un ancien camarade de lutte de Mehdi ben Barka, d'Abderrahim Bouâbid, et d'Abderrahmane Youssoufi -- l'actuel Premier ministre -- a suscité une riposte médiatique vigoureuse du gouvernement et de l'Union socialiste des forces populaires (USFP).

Les trois hebdomadaires, contrairement aux attentes du gouvernement, ont préféré, selon un communiqué officiel, "accentuer leur campagne", ce qui a rendu l'interdiction inévitable, selon le ministre de la Culture et de la Communication, Mohamed Achaâri.

"Le Syndicat national de la presse marocaine (SNPM) dénonce l'interdiction des trois hebdomadaires et condamne le recours à l'article 77 du code de la presse", a déclaré dimanche à l'AFP Abdallah Bekkali, secrétaire général adjoint du SNPM.

"Cet article 77 constitue un grand obstacle à la liberté de la presse au Maroc", a-t-il ajouté en affirmant que "le gouvernement ne peut être en même temps juge et partie".

"Le gouvernement a essayé d'étouffer une affaire où il avait tout à gagner en s'expliquant", a estimé de son côté Mohamed Ziane, ancien ministre des droits de l'homme, également directeur d'un hebdomadaire indépendant, Al Hayat Al Yaoumia.

Les trois hebdomadaires interdits ont été créés il y a près de trois ans. Ils avaient renforcé la presse indépendante qui était embryonnaire et contribué à habituer l'élite marocaine au traitement critique de thèmes relatifs à la monarchie, à l'affaire du Sahara ou à la corruption et aux scandales politico-financiers.

Cette interdiction survient après deux autres décisions récentes concernant la presse: l'assignation à résidence d'une équipe de la télévision France 3 le 8 octobre lors d'une visite à l'ancien bagne de Tazmamart dans le Moyen Atlas marocain et l'expulsion du directeur de l'AFP-Rabat, Claude Juvénal, le 5 novembre.



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