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Expulsion du 51 avenue Simon Bolivar

Anonyme, Friday, May 6, 2011 - 19:05

[France] Des Occupants du 51 Avenue Simon Bolivar [manif de 300 tunisiens et une cinquantaine de soutiens]

Suite à la manifestation du 1er mai où des tunisiens ont formé un cortège derrière une banderole « Ni police, ni charité, un lieu pour s’organiser » 300 tunisiens et une cinquantaine de soutiens du collectif des tunisiens de Lampedusa à Paris, ont occupé le bâtiment de la mairie de paris situé au 51 avenue Simon Bolivar. Après trois jours dans le lieu, les occupants ont été expulsés mercredi 4 mai par la police à la demande de Delanoë et de sa mairie sous la surveillance de Guéant, ministre de l’intérieur, présent sur les lieux.

[ Suit aussi: Lettre à l’attention du maire de Paris (français, arab, italien)]

Plus de 300 CRS et gendarmes, accompagnés de 2 hélicoptères, se sont violemment introduits dans le bâtiment, matraquant et frappant toutes les personnes sur leur passage.

Environ 140 occupants, dont 120 immigrés, ont été arrêtés et répartis dans 5 commissariats différents où une partie d’entre eux a été violemment frappée. La majorité est poursuivie pour occupation illicite et dégradation du lieu. De plus des APRF (Arrêté préfectoral de reconduite à la frontière) ont été délivrés à la plupart des immigrés arrêtés, ce qui s’inscrit dans la logique de l’état d’expulser toujours plus et plus vite.

Une trentaine d’entre eux est déjà en centre de rétention, prison pour immigrés. Une personne, pourtant en possession du visa Schengen de 6 mois, a été aujourd’hui expulsée en Italie. Ainsi qu’une dizaine d’autres raflées ces derniers jours dans les rues de Paris.

Un monsieur se faisant appeler Lampedusa ayant été arrêté passe aujourd’hui en comparution immédiate et risque l’incarcération car il n’a pas donné son identité et sa signalisation (empreintes et ADN) par refus de tout contrôle et solidarité. Dans son jeu politique électoral, Delanoë déclare à la presse qu’il soutient les immigrés tunisiens arrivés en France depuis quelques mois. Mais en réalité, il fait évacuer leur lieu de vie et d’organisation et favorise leur arrestation par la police.

Dans son communiqué, la mairie accuse des soutiens « radicaux » de manipuler les tunisiens, ce qui revient à les considérer comme des personnes incapables de réfléchir et de s’organiser par elles-mêmes. C’est oublier aussi que les tunisiens n’ont eu besoin de personne pour s’organiser et se révolter contre la dictature sous le régime de Ben Ali et ont réussi de ce fait à le chasser. La proposition de la mairie de reloger pendant un mois cent personnes dans un foyer géré par l’association Aurore imposant des règles strictes de vie comme le fait de devoir quitter les lieux tous les jours entre 9h et 18h a été refusé par les tunisiens. En plus de les mettre en danger d’arrestation, cette situation ne leur permettait tout simplement pas de rester tous ensemble et de pouvoir s’organiser, raison pour laquelle le bâtiment avait été occupé afin de permettre une lutte collective pour obtenir des papiers et des logements pour tous.

Des Occupants du 51 Avenue Simon Bolivar


 

Lettre du Collectif des Tunisiens de Lampedusa à Paris au maire de Paris

Lettre à l’attention du maire de Paris

Après nos salutations et notre remerciement pour ce qu’il y a eu de votre part de soutien et d’accueil des Tunisiens venus de Lampedusa à Paris, entre autre les matraques et les insultes de la part de la police. Monsieur le maire de Paris, nous les tunisiens venus de Lampedusa et que vous décrivez comme des immigrés illégitimes, mais monsieur, nous vous informons que s’il n’y avait pas la situation misérable en Tunisie, nous n’aurions pas quitté notre pays et nous ne nous serions pas jetés dans la mer et ceci est une preuve irréfutable de notre mobilisation pour résoudre notre situation sociale et humaine particulière, avec le soutien de tous les pays du monde aussi bien les pays européens et arabes. Mais pour notre plus grand regret, la manière dont la France nous a accueillis ne prouve pas qu’elle est le pays des droits et des libertés, et la plus grande preuve de ça, est l’attitude de la police le jour où ils sont venus au 51 avenue Simon Bolivar et les arrestations d’environ 150 personnes, entre autre des camarades français qui nous ont sauvé de la faim et du froid contrairement à ce qui a été dit dans votre communiqué de presse contre ces français. Mais nous n’avons pas besoin de leurs idées pour prendre nos décisions par nous-mêmes et la plus grande preuve de ça est notre révolution bénie. Et pour finir nous vous prions de comprendre notre situation et d’accepter notre estime et notre respect. Nos salutations Les Tunisiens de Lampedusa à Paris.
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رسالة إلى السيد رئيس بلدية باريس

بعد تحية شكر و تقدير على ما صدر من سيادتكم من ترحيب و تقدير للتونسيين القادمين من لمبادوزة نحو باريس بما في ذلك من ضرب و شتم من طرف البولس.

سيادة رئيس بلدية باريس، نحن التونسيون القادمون من لمبادوزة و اللذين تصفونهم بالمهاجرين غير الشرعيين لكن سيدي نعلمكم أنّ لولا الوضع المزري في البلاد التونسيّة لما قدمنا منها و رمينا بأنفسنا في عرض البحر و هذا دليل قاطع على صمودنا من أجل تسوية وضعيّتنا الإجتماعيّة و الإنسانيّة الإستثنائيّة بمساندة جميع بلدان العالم بما فيها الأوروبيّة و العربيّة.

و لكن، للأسف الشديد إستقبلتنا فرنسا إستقبالا لا يدل على أنّها بلد الحقوق و الحريات و أكبر دليل على ذلك الذي صدر من البوليس يوم جاء إلى العمارة المتواجدة بشارع سيمون بوليفار و اعتقال ما يقارب 150 شخص بما فيهم أخوة فرنسيون و لولاهم لمتنا من الجوع و البرد على عكس ما ذكر في بيانكم الصحفي من تعارض على هذه الفئة من الفرنسيين لكن نحن في غنى عن أفكارهم نحن التونسيون عندما نقرّر بأنفسنا و أكبر دليل على ذلك ثورتنا المباركة.

و في الختام نرجوا منكم تفهم وضعيتنا و تقبلوا منّا فائق التّقدير و الإحترام.

و السلام

.تونسيي لمبادوزة بباريس
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Lettera all’attenzione del sindaco di Parigi. Prima di tutto i nostri saluti e il nostro ringraziamento per quello che è stato da parte vostra il sostegno e l’accoglienza dei Tunisini venuti da Lampedusa a Parigi, tra l’altro quello che è venuto dai manganelli e dagli insulti della polizia. Signor Sindaco di Parigi, noi i tunisini venuti da Lampedusa e che voi descrivete come degli immigrati illegittimi, ma signore, noi vi informiamo che se non ci fosse la situazione miserabile che c’è in Tunisia, noi non avremmo lasciato il nostro paese e non ci saremmo gettati in mare e questa è una prova inconfutabile della nostra mobilitazione per risolvere la nostra situazione sociale e umana particolare con il sostegno di tutti i paesi del mondo come dei paesi europei e arabi. Ma con nostro grande rimorso, la maniera con la quale la Francia ci ha accolti non da prova che si tratti del paese dei diritti e delle libertà, e la più grande prova di questo, è l’atteggiamento della polizia il giorno in cui sono venuti al 51 di Avenue Simon Bolivar e l’arresto di circa 150 persone tra cui dei compagni francesi che ci hanno salvati dalla fame e dal freddo contrariamente a quello che è stato detto nel vostro comunicato stampa contro questi francesi. Ma noi non abbiamo bisogno delle loro idee per prendere le nostre decisioni noi stessi e la più grande prova di questo è la nostra benedetta rivoluzione. Per finire vi preghiamo di comprendere la nostra situazione e di accettare la nostra stima e il nostro rispetto. I nostri saluti, I Tunisini di Lampedusa a Parigi.
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