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Dumont est acquittée, Nadia Caron demeure une victime de l’exploitation sexuelle

Claudia2694, Monday, October 4, 2010 - 17:51

Collectif du 18 août

5 octobre - Journée internationale de non-prostitution

Dans le cadre de la Journée internationale de la non-prostitution, partout au Canada, plusieurs groupes s’unissent pour dire Non à la prostitution. Au Saguenay, la mère de Nadia Caron s’unit au Collectif du 18 août afin de réagir au jugement qui a acquitté Luc Dumont des accusations d’homicide involontaire et de négligence criminelle à l’endroit de sa fille. L’objectif, livrer un message : la prostitution est une violence faite aux personnes et porte atteinte à la dignité humaine.

Pour la famille de la victime, ce verdict est douloureux et suscite de l’incompréhension. Cependant, Mme Lebel s’adresse aux personnes qui croient que sa fille est la seule responsable de sa mort et qu’elle aurait choisi rationnellement, et dans des conditions favorables, de se prostituer. Elle explique que Nadia a commencé à échanger des services sexuels sous les pressions de son conjoint pour payer sa drogue et son alcool. Comme bien d’autres qui commencent dans ce milieu, Nadia était fragilisée par un passé difficile. Elle était prise dans une relation de violence et cherchait l’amour à tout prix. Selon Mme Lebel, Nadia avait honte de ce qu’elle faisait et n’était ouverte à en parler. Elle se souvient avoir vu sa fille sombrer dans la drogue et devenir profondément malheureuse. Elle était coincée dans un cercle infernal.

« Lorsque Nadia est décédée, je suis passée par toutes sortes d’émotions, de la colère à la culpabilité » se remémore-t-elle. Comme mère, elle s’est posée beaucoup de questions, mais elle demeure certaine d’une chose : sa fille ne rêvait pas de devenir une prostituée et d’en mourir. Croyez-vous vraiment qu’une jeune fille peut aspirer à devenir l’objet sexuel des hommes? Les féministes du Collectif du 18 août répondent non sans hésiter!

La marchandisation sexuelle des personnes est une violence qui porte atteinte à la dignité humaine. La majorité des personnes qui sont entrainées dans la prostitution souhaite en sortir. Par conséquent, nous croyons que le gouvernement doit investir des ressources afin d’aider les femmes prostituées qui désirent quitter ce milieu. La décriminalisation de la prostitution n’est pas une solution. Les pays ayant opté pour cette voie font face à une augmentation de la prostitution et des violences qui y sont intimement liées.

Les féministes du Collectif du 18 août s’opposent fermement au jugement de la Cour supérieure de l'Ontario invalidant certains articles importants des lois canadiennes concernant la prostitution. Ce jugement continue la criminalisation des femmes prostituées dans la rue et encourage la création de bordels. Dans ce jugement, il est reconnu que la prostitution est violente. Malgré cela, la juge donne un accès illimité aux clients de consommer la sexualité des personnes. En fait, ce jugement démontre le caractère hypocrite de la législation qui sous prétexte de protéger les personnes prostituées, autorise surtout les souteneurs, proxénètes et trafiquants à capitaliser sur l’exploitation sexuelle du corps d’autrui. Ce jugement ne change donc rien à la protection des personnes prostituées, qui continueront ici d’être isolées, marginalisées et cachées.

Collectif du 18 août
coll...@hotmail.ca



Subject: 
apologie de la criminalisation du travail du sexe ?
Author: 
alexandre popovic
Date: 
Thu, 2010-10-07 00:44

Il me semble que cet article offre une lecture biaisée du récent jugement rendue par la Cour supérieure de l’Ontario invalidant certaines dispositions du Code criminel relativement aux activités de prostitution. Non, le tribunal ontarien ne donne pas « un accès illimité aux clients de consommer la sexualité des personnes ». Le tribunal ne déclare pas non plus que la prostitution est violente en soi, mais parle plutôt de niveau de risque lié au travail du sexe.

En fait, la principale question analysée dans ce jugement, par ailleurs fort étoffé (plus de 500 paragraphes), consiste à se demander comment rendre le travail du sexe plus sécuritaire pour ceux et surtout celles qui l’exercent. D’ailleurs, le tribunal ne nie pas qu’il existe des risques à pratiquer le travail du sexe dans un lieu fermé. Cependant, le tribunal estime que l’exercice du commerce du sexe est susceptible d’être moins périlleux dans un lieu fermé plutôt que dans la rue.

Le jugement mentionne à cet effet que les personnes pratiquant le travail du sexe dans un lieu fermé peuvent être en meilleure position pour dépister les clients dangereux, exercer un contrôle accru sur leur environnement immédiat et obtenir de l’aide rapidement en cas de besoin. Si, comme le dit l’article, ce jugement ne va rien changer à la situation des personnes qui exercent le travail du sexe, c’est parce que le gouvernement a décider de le porter en appel.

Pour lire le jugement dans son intégralité :

http://www.canlii.org/en/on/onsc/doc/2010/2010onsc4264/2010onsc4264.html


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Subject: 
Des analyses documentées des impacts de la décriminalisation
Author: 
Nicole Nepton
Date: 
Thu, 2010-10-07 08:30

La prostitution a été décriminalisée en Nouvelle-Zélande il y a 7 ans. Les impacts de la décriminalisation sont sérieusement étudiés. Elle a eu pour résultats que les travailleuses et travailleurs du sexe sont plus en sécurité et en meilleure santé, d’après «Taking the crime out of sex work – New Zealand sex workers’ fight for decriminalisation». Pour ce livre, 772 travailleuses et travailleurs du sexe ont été interrogés. Il prouve que la décriminalisation a atteint son objectif d'assurer le respect des droits humains des travailleuses et travailleurs du sexe. La décriminalisation leur a également donné plus d'outils pour gérer leur environnement de travail. Connaissant leurs droits au travail, les travailleuses et travailleurs sont plus en mesure de les faire valoir auprès des propriétaires d'établissements et des clients. La relation entre les travailleuses du sexe - particulièrement celles et ceux oeuvrant dans la rue - et la police s'est aussi améliorée et elles sont désormais plus susceptibles de signaler à la police la violence qui leur est faite.

Malgré d'importantes améliorations de la sécurité des travailleuses et travailleurs du sexe depuis la décriminalisation, il reste encore du travail à faire. Il y a encore de la stigmatisation associée à cette activité, entre autres. Rappelons qu’il a fallu plus de 20 ans après la décriminalisation de l’homosexualité pour qu’il y ait des changements appréciables au niveau de la discrimination et des préjugés.
Source : http://cybersolidaires.typepad.com/ameriques/2010/09/la-decriminalisatio...

Par ailleurs, aucun des malheurs que les croisé-es de la morale avaient prédits n’ont eu lieu. Il n’y a aucune preuve d’expansion de l'industrie du sexe ou d’une augmentation du travail des mineur-es, de la traite, du crime organisé, de l’exploitation ou de l’usage de drogues, selon un rapport et la recherche empirique entreprise pour documenter le bilan de la décriminalisation : http://cybersolidaires.typepad.com/ameriques/2008/06/dcriminalisatio.htm...

J'en ai ma claque d'entendre colporter n'importe quoi sur les impacts de la décriminalisation, de même que d'entendre encenser la criminalisation des clients préconisée par la Suède pas fichue de faire une étude sérieuse - comme le fait la Nouvelle-Zélande - plutôt qu'idéologique des impacts de sa loi abolitionniste de la prostitution. Quant au jugement Himel, il rejette le charabia abolitionniste qui lui a été présenté parce qu'il ne pouvait être retenu par la juge, puisqu'il se base sur des convictions non documentées par des recherches qui se tiennent. Elle a aussi rejeté l'idée de ne retenir que les pires expériences présentées par des prostituées tout comme les meilleures, parce qu'elle a compris que celles-ci sont diversifiées. Il n'y a pas de type d'expérience unique de la prostitution, genre la prostitution est une violence pis c'est ça qui est ça.

À ce sujet, je vous invite madame à écouter ce discours lumineux d'une écrivaine nigérienne sur les histoires uniques qu'on a tous et toutes sur certains peuples. Une fois qu'on l'a écoutée, on se met à débusquer les histoires uniques que nous avons en tête sur toutes sortes de catégories de personnes, dont les musulmanes voilées (forcément dominées), les pauvres (démunis), les prostituées (exploitées et sans pouvoir) et ainsi de suite. Ces histoires ne sont pas fausses, mais elles sont si incomplètes qu'elles volent la dignité des personnes et peuples visés ainsi réduits à des stéréotypes : http://cybersolidaires.typepad.com/ameriques/2010/04/video-inspirante.ht...

Pour en savoir plus sur le jugement Himel : http://www.chezstella.org/stella/?q=victoire-Ontario


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Subject: 
Il y a deux enjeux qui parfois ne s'écoutent pas
Author: 
Michael Lessard...
Date: 
Thu, 2010-10-07 17:46

Allo,

J'embarque, un peu naïvement, dans un débat difficile, mais c'est un débat de société important je trouve. À Québec, des groupes dans le quartier St-Roch proposent des visions très différentes, donc je me pose des questions...

Comme plusieurs je crois, je sympathise avec deux enjeux qu'on retrouve souvent dans ce débat :

a) une certaine forme de décriminalisation visant à mieux appuyer et protéger les personnes offrant des services sexuels (que l'on soit d'accord ou non, même si on est contre la prostitution). Un peu comme le monde du crime a été expulsé de la vente d'alcool quand celle-ci fut conquise par l'État (les féministes avaient d'excellentes raisons d'être contre la légalisation de l'alcool, mais elles ont été confrontées ensuite à l'échec de la criminalisation). Ce niveau d'enjeu n'est donc pas vraiment lié à la question de la prostitution en soi, mais plus à la sécurité personnelle et à une stratégie permettant un meilleur lien entre les personnes concernées et les services communautaires et sociaux.

et b) le fait de ne pas être à l'aise avec la marchandisation de la sexualité et du corps humain, dont le fait de refuser la relation capitaliste « Propriétaire d'une maison close v. Personne offrant sa sexualité et son corps pour un salaire ». Ce qui, évidemment, revient le plus souvent à une relation homme dominant/femme de service (mais pas toujours. Le documentaire Sex Slave a présenté une mafia russe, vendant littéralement des femmes comme esclaves sexuels, qui était dirigée par une femme).

Ici, dans ce communiqué du Collectif du 18 août, j'entends et je respecte leur refus que des gens soient les « propriétaires » des services sexuels... Je ne dis pas que leur analyse du jugement et des nouvelles lois proposées est juste ou nuancée (je n'en sais rien), mais je retiens ce qui me semble l'essentiel, soit que l'analyse de la juge ontarienne ne propose probablement pas d'interdire le proxénétisme sous forme de maison close. Ai-je bien compris ? Est-ce le cas ?

Michaël Lessard [me contacter]


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Subject: 
Non, le proxénétisme dans les maisons close n'est pas légalisé
Author: 
alexandre popovic
Date: 
Thu, 2010-10-07 23:48

Non, Michaël, tu n’as pas bien compris.

Le jugement de la Cour supérieure de l’Ontario ne légalise pas le proxénétisme dans les maisons close.

L’article 212(1) du Code criminel interdit le proxénétisme sous différentes formes. Par exemple, l’alinéa 212(1)a) stipule qu’une personne qui induit, tente d’induire ou sollicite une personne à avoir des rapports sexuels illicites avec une autre personne, soit au Canada, soit à l’étranger est coupable d’un acte criminel passible d’une peine maximale de 10 ans d’emprisonnement.

La même peine maximale est prévue à l’alinéa 212(1)h) pour toute personne trouvée coupable d’avoir exercé un contrôle, une direction ou une influence sur les mouvements d’une personne de façon à démontrer qu’il l’aide, l’encourage ou la force à s’adonner ou à se livrer à la prostitution avec une personne en particulier ou d’une manière générale.

Bref, les alinéas (a) à (i) inclusivement de l’article 212(1), qui prévoient chacun des infractions spécifiques de proxénétisme, ne sont aucunement concernés par ce jugement et leur application n’a jamais été mise en péril puisqu’ils ne faisaient pas l’objet de la contestation qui a donné lieu au jugement en question.

En fait, en ce qui a trait l'infraction de proxénétisme, seul l’alinéa (j) de l’article 212(1) a été invalidé par le jugement du tribunal ontarien. Cette disposition stipule qu’une personne qui vit entièrement ou en partie des produits de la prostitution d’une autre personne est coupable d’un acte criminel passible d’une peine maximale de 10 ans d’emprisonnement.

Le tribunal a cependant retenu l’argument à l’effet que l’alinéa 212(1)j) criminalise l’embauche de personnel susceptible de réduire le niveau de risque auquel sont confrontées les travailleuses et travailleurs du sexe. L'alinéa 212(1)j) a donc été déclaré inconstitutionnel, de même que l'article 210 (qui interdit les maisons de débauche) et l'alinéa 213(1)c) (communiquer ou tenter de communiquer dans le but de se livrer à la prostitution ou de retenir des services sexuels).


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Subject: 
Re: Non, le proxénétisme dans les maisons close n'est pas légal.
Author: 
Michael Lessard...
Date: 
Sat, 2010-10-09 16:57

Merci Alexandre.

Donc juste pour remettre sur la table le débat proposé par le Collectif du 18 août : ce dernier affirme...

Malgré cela, la juge donne un accès illimité aux clients de consommer la sexualité des personnes. En fait, ce jugement démontre le caractère hypocrite de la législation qui sous prétexte de protéger les personnes prostituées, autorise surtout les souteneurs, proxénètes et trafiquants à capitaliser sur l’exploitation sexuelle du corps d’autrui.

Des opinions ?


Lettre ouverte publiée récemment :

[FR] Les épouvantails de la décriminalisation de la prostitution
- Patrice Corriveau est professeur au département de criminologie de l'Université d'Ottawa.

   Le jugement de la juge Himel décriminalisant certaines formes de pratique du travail du sexe a suscité de nombreuses réactions. Or, plusieurs de celles-ci sont truffées de demi-vérités, voire de faussetés. Lire la suite


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