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Le FMI reconnaît l'existence de déséquilibres mondiaux insoutenables

Carl Desjardins, Mardi, Octobre 29, 2002 - 14:15

Nick Beams

Un chapitre entier du rapport sur les perspectives économiques mondiales du FMI, publié la semaine dernière, est consacré au déséquilibre structurel croissant au sein de l'économie mondiale entre d'une part les pays déficitaires, menés par les États-Unis, et d'autre part les nations excédentaires, soit l'Europe et le Japon.

- Par Nick Beams

Dans un récent rapport sur les perspectives de l'économie mondiale, le FMI s'inquiète du déséquilibre croissant entre les pays déficitaires (principalement, les États-Unis) et les pays en excédent (notamment les pays de l'Union européenne et le Japon). Au-delà des euphémismes et des litotes, l'auteur du rapport révèle l'étendue réelle du désastre économique à venir. Qu'arrive-t-il lorsque le grand poisson a mangé tous les petits ? Il meurt de faim.

Le secrétaire d'État au Trésor américain, Paul O'Neill, estime qu'il n'y a aucune raison de s'inquiéter quant au déficit de la balance commerciale américaine. Il soutient que le déficit actuel est " un concept dénué de sens ". Il n'empêche que les institutions financières internationales ne partagent pas cette opinion, et surtout pas le FMI, qui a rejoint le choeur de ceux qui avertissent que la dette extérieure des États-Unis aura, tôt au tard, des conséquences internationales importantes.

Un chapitre entier du rapport sur les perspectives économiques mondiales du FMI, publié la semaine dernière, est consacré au déséquilibre structurel croissant au sein de l'économie mondiale entre d'une part les pays déficitaires, menés par les États-Unis, et d'autre part les nations excédentaires, soit l'Europe et le Japon.

Dans son introduction au rapport, Kenneth Rogoff, directeur du département des recherches du FMI, explique que cette étude avait pour but de déterminer si " la myriade de déséquilibres financiers actuels entre les pays industriels était soutenable ". L'histoire nous a prouvé le contraire.

Rogoff explique que, alors que l'on se focalise d'ordinaire sur l'ampleur du déficit courant des États-Unis, l'enquête s'est orientée vers une approche globale : le déficit d'un pays constituant l'excédent d'un autre. Le résultat trouvé est qu'il existe maintenant une différence équivalente à 2,5% du PIB mondial, entre les excédents courants d'Europe occidentale et d'Asie de l'Est (zone euro et Japon surtout) et les pays déficitaires, dominés par les États-Unis. En ce qui concerne l'ampleur des échanges commerciaux, ces déséquilibres ont atteint des niveaux " pratiquement jamais vus dans les pays industrialisés de l'après-guerre ".

L'objet de cette étude était notamment d'évaluer le risque que ces déséquilibres basculent rapidement, provoquant des perturbations des taux de change, ou de voir s'il était possible de les redresser plus lentement. L'analyse présentée par ce rapport, de même que les tendances de l'économie mondiale, donnent à penser que la seconde hypothèse est la plus vraisemblable.

Le rapport commence par remarquer que les déficits extérieurs dans les grandes régions industrielles ont crû régulièrement au cours des années 1990, suscitant de grandes inquiétudes quant à l'éventualité d'un ajustement brutal et perturbateur des principaux taux de change.

L'instabilité potentielle provient du fait que la principale monnaie en usage dans le monde est le dollar, soit la monnaie du pays avec le plus grand déficit extérieur du moment. " Le système financier international a connu sa plus grande stabilité quand la position extérieure du pays de tête était forte, comme ce fut le cas pour la Grande-Bretagne à l'époque où l'or était l'étalon mondial. Et sa plus grande instabilité lorsque la position du pays dominant était fragilisée. "

Dire que l'économie américaine est sous tension relève de la litote. La dette extérieure totale s'élève maintenant à environ 2 300 milliards de dollars. Si la tendance actuelle se poursuit, la dette extérieure doublera pour atteindre les 40% du PIB en 2007.

L'accroissement du déséquilibre de la balance extérieure américaine suppose une entrée de capital de plus d'un milliard de dollars par jour. Tant que la valeur du dollar augmentait, comme ce fut le cas de 1995 jusqu'au début de cette année, ce flux pouvait être alimenté. Mais la situation a radicalement changé aujourd'hui. Tout d'abord, l'entrée de capitaux aux États-Unis, et l'appréciation de la valeur du dollar qui en résultait, étaient fondées sur une hypothèse de profits toujours plus importants. Il apparaît que ces fortes attentes étaient elles-mêmes le résultat de ce que le FMI appelle des " excès financiers " associés à la révolution des technologies de l'information.

L'apport de capital, dans cette recherche de plus grands profits, a provoqué une appréciation du dollar, créant une plus-value pour les investisseurs étrangers et impulsant un nouvel apport de capital. Mais ce processus pourrait maintenant commencer à se déliter, provoquant une crise majeure, dont l'ampleur potentielle est suggérée par les chiffres du rapport. Ce dernier montre que si le la course de l'appréciation du dollar, commencée en 1995, s'inversait, cela pourrait enclencher un déclin plus grand encore, jusqu'à la débâcle des avoirs américains.

Des emprunts insoutenables

Quelle que soit l'issue de la situation, il est clair, selon les paroles mêmes du rapport, que " le fossé actuel entre la hausse de la demande interne réelle et la production réelle " des pays déficitaires " ne peut être maintenu indéfiniment ". En d'autres termes, les États-Unis ne peuvent pas continuer à emprunter auprès du reste du monde pour financer leurs dépenses excessives par rapport au revenu national, et la demande intérieure réelle devra être réduite.

On a déjà assisté à un tel scénario à la fin des années 1980. À l'époque, toutefois, ses effets sur l'économie mondiale ont été atténués par " une flambée de la demande de la zone euro et du Japon ", reflet des dépenses du gouvernement allemand au moment de la réunification d' une part, et d'une bulle spéculative d'autre part. Ces processus ont eu un effet stabilisateur à l'époque, mais ils n'étaient pas soutenables à long terme et ont provoqué des problèmes dans le système bancaire japonais et l'industrie du bâtiment allemande, problèmes toujours d'actualité aujourd'hui.

Pour résumer, il est hautement improbable que la zone euro et l'Asie de l'Est soient en position de " compenser de façon significative la décélération de la demande partout ailleurs ". Cela aussi relève de la litote. Loin de redresser la situation de l'économie mondiale au cas où la demande américaine diminuerait, les derniers chiffres montrent que la zone euro dépend plus que jamais du marché américain pour stimuler sa croissance. Au cours du second trimestre de l'année, la croissance de la demande intérieure ne représentait que 0,1% de la croissance totale de la région.

Selon " The Economist ", le taux de croissance annuel de la région au cours du second trimestre n'était que de 1,4% et les perspectives pour le 3° trimestre étaient pires encore. " La croissance de l'Allemagne pourrait bien se contracter à nouveau : son "indice de confiance dans les affaires" est en chute depuis trois mois consécutifs. Dans la zone euro, la demande est écrasée par une monnaie forte et par la chute du cours des actions. De nombreux experts ont revu à la baisse leurs prédictions pour croissance en 2002 à moins de 1%. "

Sous bien des aspects, la situation du Japon est encore pire. À tel point que la Banque du Japon (BOJ) s'efforce actuellement d'éviter la crise financière par tous les moyens. Dernière tentative en date : l'annonce du rachat de parts dans les grands portefeuilles des principales banques, afin de maintenir leur taux de finances saines au-dessus des normes internationales.

La stagnation des économies allemande et japonaise exclut le scénario préféré du FMI, selon lequel on revient à la normale en douceur grâce à une dépréciation du dollar et une baisse de la demande intérieure américaine, compensée par une hausse de la demande dans le reste du monde.

On se dirige plutôt vers un scénario catastrophe, dans lequel le dollar plonge dramatiquement, la demande intérieure américaine décline, conduisant à une chute plus grande encore de la demande mondiale, alors même que la croissance en Europe et en Asie diminue à cause de la réduction des exportations vers le marché intérieur américain, créant de fait les conditions pour une récession économique mondiale aggravée.

Contact pour cet article. wunj...@juno.com or wsws.org

- publié dans le courriel d'ATTAC

www.wsws.org


Sujet: 
Et les pays pauvres?
Auteur-e: 
Dominique pifpaf
Date: 
Ven, 2003-05-30 06:57

Le déficit de la balance commerciale américaine déstabilise tout le système et la croissance enropéenne est quasiment au point mort. Bush Jr. vient de faire aprouver une loi autorisant l'augmentation du déficit américain, je ne me rapelle pas le chiffre exact (c'était quelque part sur le télétexte de la TV suédoise SVT) mais il s'agit d'environ 1000 milliard de $, donc dans quelques année, le déficit américain va dépasser allégrement les 3000 milliards de $.

Que le secrétaire d'État au Trésor américain, Paul O'Neill minimise les conclusions du FMI n'est guère étonnante quand l'on sait que les USA ont été quasiment en état de guerre permanent depuis la fin de la 2ème guerre mondiale. Il ont toujours réussi à participer ou à provoquer une guerre puis une autre quelque part sur la planète, de préférence dans des pays moins forts qu'eux. Comme quoi quand l'on dit grand, gros, fort et con, il n'y a pas que du faux.
Revenons à nos moutons, cette déclaration n'est pas étonnante car, d'une part une économie mondiale déséquilibrée favorise toutes sortes de conflits, d'autre part les USA sont une nation guerrière, et enfin l'actuelle administration ricaine est le pire conglomérat de personnalités issues notement des mileux de la défense (expression politiquement correcte pour désigner l'effort de guerre).

Il est donc évident qu'un tel gouvernement, par la bouche de son secrétaire d'État au Trésor ne peut trouver que du bon au fait que l'économie mondiale court au suicide.

Il est remarquable aussi de constater qu'une fois de plus le FMI analyse la situation catastrophique de l'économie mondiale comme si la croissance ne pouvait se faire que dans les pays riches.
Pas un mot sur la situation dans les pays pauvres - qui représentent 80% de la population mondiale - ni sur la dépendance existante entre pays riches et pauvres.

Notre monde est cassé et interdépendant.
Les 20% les plus riches bénéficient de 84% des ressources mondiales pendant que les 20% les plus pauvres ne bénéficient que de 1,4% de ces mêmes ressources.
Les 3/4 de la population mondiale n'a pas de revenu dans le sens capitalistiques du terme. Le quart restant est dépendant de ces 3/4 pauvres pour acheter tous les produits qui sortes de ses usines.

Le jour où le FMI aura compris que les trois problèmes que sont le chomage dans les pays riches, la pauvreté source de la faim et de la malnutrition dans les pays pauvres, et l'immigration des affamés à la quête illusoire d'un travail dans les pays riches ne sont qu'un seul problème, ce jour là ce FMI pourra commencer à oeuvrer à améliorer notre société et les conditions de vie des peuples.

Mais est-ce là son but? Je ne le crois pas quand je vois (cela s'appelle une preuve par l'acte) les analyses réductrices dont nous abbreuve cet organe qu'en fait il serait bon d'amputer, tout comme un jardinier se débarasse de la mauvaise herbe.

Une autre constante de ces analyses réductrices est qu'elles placent toujours l'économie au centre, en faisant ainsi un but.
Le but de la société et de ses membres devrait être d'assurer le bonheur de tous ses membres. Quand cela sera le cas, et que par conséquent l'humanité sera placée au centre, dans une unité symphonique à la place d'une globalisation d'égoïstes individualistiques, l'économie retrouvera sa vraie place qui est celle de moyen utilisé pour parvenir au but fixé.


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