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Libération provisoire refusée à des manifestants du G-20; 3 jeunes manifestants demeurent en prison

vieuxcmaq, Dimanche, Octobre 29, 2000 - 12:00

l'équipe du support légal le Comité d'Accueil du G-20 (stopftaa-mtl@tao.ca)

Libération provisoire refusée à 3 jeunes manifestants; ils resteront en détention pour au moins deux semaines. Un juge déclare que "la police est la gardienne de la démocratie", que les manifestants sont des "antisociaux". Un sergent détective prétend qu'un des manifestants "a incité à l'émeute" par son discours; la couronne déclare qu'il est un "risque pour la sécurité publique" et insiste sur sa détention jusqu'au procès.

--- Libération provisoire refusée à 3 jeunes manifestants; ils resteront en détention pour au moins deux semaines.

--- Un juge déclare que "la police est la gardienne de la démocratie", que les manifestants sont des "antisociaux".

--- Un sergent détective prétend qu'un des manifestants "a incité à l'émeute" par son discours; la couronne déclare qu'il est un "risque pour la sécurité publique" et insiste sur sa détention jusqu'au procès.

MONTREAL, le 28 octobre 2000. -- Mercredi après midi dernier, sur recommandation du procureur de la couronne, la libération conditionnelle est refusée à trois jeunes manifestants qui ont participés à la fête de rue et à la manifestation contre la conférence du G-20 lundi dernier à l'extérieur de l'hôtel Sheraton.

Daniel Carriere, 18 ans, est actuellement détenu à la prison de Bordeaux, pendant que Stéphane Blais, 18 ans, et Kevin Spillane, 25 ans, sont détenus à la prison Rivière des Prairies. Leur prochaine comparution pour une demande de libération conditionnelle n'est pas attendue avant au moins deux autres semaines et ils passeront ce temps derrière les barreaux.

L'équipe du support légal du Comité d'Accueil du G-20 - qui a organisé la fête de rue de lundi (23 octobre 2000)- sont en contact avec les avocats de ces trois manifestants. Aussitôt que nous serons informéEs de leur prochaine comparution, cette information sera transmise aux sympathisants. Nous avons l'intention de remplir la salle d'audience pendant la comparution pour démontrer notre solidarité avec nos camarades, et pour protester contre cet emprisonnement injuste. Si vous souhaitez être informéEs des prochaines dates de comparution, courriel : stop...@tao.ca ou téléphone 514-278-4533 et laissez un message.

En refusant la liberté provisoire aux manifestants, le juge Locas de la Cour du Québec considère que la manifestation contre le G-20 est "anti-sociale" et que tout attaque contre la police est antidémocratique - la police étant "la gardienne de la démocratie".

Normalement, pour refuser la libération conditionnelle et garder quelqu'un en détention, la Cour doit démontrer que le prisonnier est un danger pour la société, ou qu'il risque de prendre la fuite avant la prochaine date de comparution ou que sa libération viendrait ébranler la confiance dans le système de juridique canadien.

Le juge Locas a ouvertement admis que les trois manifestants n'étaient ni un risque pour la société et qu'ils ne risquaient pas de prendre la fuite. Cependant, il argumenta que la police était de tout évidence visée lors de la manifestation de lundi, la libération de ces trois manifestants viendrait alors ébranler la confiance dans le système juridique canadien, spécialement aux yeux de l'opinion publique internationale. La conférence du G-20 était composée des ministres des finances et des gouverneurs des banques centrales de 19 pays, ainsi que des dirigeants de Fond Monétaire International et de la Banque Mondiale.

Les trois manifestants font face à une multitude de charges pour la manifestation de lundi, la plus sérieuse étant attaque armée contre un officier de police. L'accusation signifie concrètement que les trois manifestants sont accusés d'avoir jetés des pierres et autres projectiles à la police anti-émeute. Pour remettre en contexte l'emprisonnement actuel des trois jeunes, avant leur comparution pour libération provisoire, deux autres prisonniers, sans aucun lien avec quelque manifestation politique que ce soit ont été libérés sur parole. Le crime dont ils étaient accusés été d'avoir utilisé une arme de poing chargée pour menacer des personnes dans un bar.

La détention de Daniel, Stéphane et Kevin est un outrage comparé à la façon dont des crimes beaucoup plus sérieux sont traités. Les officiers de police qui sont accusés d'homicide involontaire sont libéré régulièrement sur parole. L'emprisonnement de Daniel, Stéphane et Kevin est clairement motivé politiquement, et on s'en sert comme bouc émissaire pour la soit disante émeute de lundi dernier. Le comité d'accueil du G-20 a déjà dénoncé les actions de la police du 23 octobre comme étant une "émeute policière". La police a arbitrairement déployé sa cavalerie contre la manifestation, et la police anti-émeute a frappé des manifestants y compris ceux essayant de s'enfuir ou offrant une assistance médicale aux victimes du poivre de cayenne.

Il apparaît que Kevin Spillane n'a absolument aucun dossier criminel, quant à Daniel Carriere et à Stéphane Blais ils ont tout juste dix huit ans. Stéphane est aussi un collaborateur du Suspectus Magazine, un canard publié localement qui soulève les interrogations des jeunes de la rue et autres groupes marginalisés. En prison, il a exprimé son empressement à écrire un article sur le G-20 pour la prochaine parution de Suspectus. Dans les trois cas, les manifestants sont présumés innocent jusqu'à preuve du contraire, et les accusations d'attaque armée contre la police devraient très certainement être considérées dans le contexte de violence policière contre des manifestants pendant la manifestation de lundi dernier.

Au total, 39 personnes ont été arrêtées lundi dernier après la violente intervention de la cavalerie de la police et de l'escouade anti-émeute armée de casques boucliers et matraques. A part les trois manifestants toujours détenus, toutes et tous ont été relâchéEs et font face à des accusations allant de participation à une émeute à "attroupement illégal". Ces accusations sont tellement vagues qu'elles pourraient s'appliquer aux 800 à 1.000 personnes qui sont descendues dans la rue lundi dernier. Ce genre de charges ont été utilisées auparavant pour justifier des arrestations massives et arbitraires.

Un manifestant, Jaggi Singh du Comité d'Accueil du G-20, a tout simplement été arrêté après la manifestation et à l'écart du Centre Sheraton. Il a été détenu plus de 48 heures, incluant une nuit à la prison Rivières des Prairies. Pendant une audition séparée la couronne a insisté pour que Singh soit détenu jusqu'à son procès (ce qui peut durer des mois) sur le motif qu'il représente une menace pour la sécurité publique. Singh n'a aucun passé violent, et les charges retenues contre lui pour la manifestation de lundi dernier ne mentionne aucun acte spécifique à part de vagues accusation d'attroupement illégal et de participation à une émeute. Il a passé la majeur partie de la manifestation à distribuer des tracts d'informations, décrier des slogans et parler avec d'autres manifestants.

Cependant, le sergent détective Poletti de la Police de Montréal a témoigné sous serment à l'audience que le discours de Singh à la manifestation avait "incité la foule à l'émeute". Poletti n'a pu citer aucun mot et s'est plutôt référé au ton du discours qui a entraîné "des acclamations et applaudissements". Ainsi, Singh n'est même pas accusé d'incitation à l'émeute, mais le faux témoignage de Poletti visait clairement à le garder en prison pour une longue période de temps.

Singh, qui se représenté lui même devant la Cour, a réussi à argumenter pour sa libération, mais il doit se soumettre à des conditions strictes qui entravent sa capacité à manifester efficacement dans la province du Québec.

Pour plus d'informations ou pour rester en contact pour le soutien légal : courriel stop...@tao.ca ou téléphone (514) 278-4533.

Communiqué préparé par les membres de l'équipe du support légal du Comité d'Accueil du G-20.

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