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Vomi général sur la manif de mercredi

WHVN, Jeudi, Mars 17, 2005 - 16:09

Un gréviste en tabarnak

Commentaires négatifs sur la manif de la fecq-feuq.

La manifestation organisée par la FECQ et la FEUQ s’est avérée comme étant la plus populeuse manifestation de l’histoire du mouvement étudiant. Certes populeuse, mais ô combien scabreuse, malhonnête, molle et, disons-le, scandaleuse. Cette manif, dans son ensemble ennuyant, doit être critiquée de fond en comble. C’est justement ce qui est le reflet de cette tendance apathique qui règne au sein de cette huitième grève générale illimitée ; c’est ce qui traduit les comportements serviles et soumis de la grande majorité des grévistes face aux agissements des deux fédérations ; c’est le reflet même de l’aliénation du système : c’est la dépression qui déferle sur ce que la FEUQ/FECQ appelle le ‘’mouvement’’.

En effet, pensons en premier lieu au service d’ordre de la FTQ présent lors de cette manif. Nous savons depuis longtemps qu’en théorie les syndicats sont une chienlit, mais lorsque ceci est vérifiable dans la pratique même, alors notre dégoût du syndicalisme de concertation (voire même de syndicalisme de droite) s’amplifie radicalement. Comment réagir face à l’attitude hargneuse, autoritaire, violente des goons de la FTQ ? Personnellement, je fus, avec deux camarades, poursuivis sur une distance de trente mètres par des fiers à bras dignes de gardiens de goulag, aidés par quatre étudiants du cégep du Vieux-Montréal, pour la simple et bonne raison que nous marchions…sur le trottoir, et non pas dans la manif. Précisons le nom des ces individus étudiants, qui il va sans dire, ne participent nullement à la grève dans leur propre institution. Il s’agit de Philippe Brisson (ayant déjà été proche du MLNQ), Jonathan Purenne, Nicolas Lemieux et Simon Lafrance. Il est nécessaire de dénoncer ces attitudes dignes de staliniens échappés des années trente. Car en plus de nous faire courir après, nous nous sommes fait insultés, méprisés, menacés dans notre intégrité physique. Nous ne sommes pas les seuls. Nous avons pu recueillir de nombreux commentaires. Nous évoquerons également l’attitude scandaleuse du service d’ordre lorsque les étudiantEs du McGill ont rejoints la manif. Ces étudiantEs ont également été agressés par ces mêmes individus.

Il est choquant de constater que la police de Montréal nous envoie l’anti-émeute pour quelques stickers collés sur des hôtels de riches, quand des individus tabassent et font la chasse à celles et à ceux qui ne rentrent pas dans le cadre d’une manif de la FEUQ ou le SPCVM est complice de A à Z. En effet, c’est la police elle-même qui est venue nous voir pour ‘’que l’on joue le jeu’’, que l’on soit ‘’solidaire’’ et de ne pas trop ‘’faire de vagues’’. Première constatation : le service d’ordre de la FTQ est complice avec le SPCVM, et en définitive fut pire que celui-ci hier. Deuxième constatation : y’avait-il réellement besoin d’un service d’ordre d’une telle importance hier ? Avec le dispositif policier mis en place, il faut s’avouer que c’était complètement inutile. On a bien vu que le texte qui appelait à des ‘’actions de perturbation’’ n’était qu’un canular. Il confirme cependant que le jour où les pavés voleront, nous saurons également vers qui ils s’échoueront.

D’autre part, qu’est-ce qu’une grève de soi-disant 230 000 personnes si celle-ci est contrôlée par un camion, des micros, de la musique, de la police et un service d’ordre ? Hier, aucun slogan ne fut crié avec rage ; nous assistions à une parade de zombies qui défilaient derrière un camion qui crachait de la musique archi-connue, qui dans le fond, ne faisait que répéter des événements du quotidien. La démagogie de la FECQ/FEUQ allait même jusqu’à dire qu’il y avait 230 000 étudiantEs en grève. Oui, mais combien pour un jour ? La quantité ne fera jamais la qualité. CertainEs allaient même jusqu’à comparer les dernières journées avec l’historique mois de mai 68. En cette époque, il était absurde de croire en la nécessité de reprendre. Ce qui était impératif, c’était de se donner les moyens de gagner des acquis. De prendre ce qui nous revenait, de n’importe quelle façon permise. Aujourd’hui, nous faisons la grève pour des motifs bizarres, quoi qu’adaptés à notre réalité passive et collaboratrice. Nous croyons que la contestation ne peut être totale, mais que partielle : elle ne peut que remettre en cause une certaine partie du problème, sans jamais s’attaquer au problème en tant que tel. Il fallait voir, hier, des milliers de personnes répondre à notre cher P.A Bouchard : ‘’que voulons-nous ? 103 ! que voulons-nous ? 103 !’’. Nous avons plus que 103 millions de raisons de nous révolter.

Lorsque ce même P.A nous dit que nous vivons un moment historique, de quoi parle-t-il au juste ? De rien. D’un vide absolu. Quand bien même nous récupérions le 103, nous irons tout de même sur nos bancs d’école et nous continuerons de subir l’endettement, l’école élitiste, et la marchandisation de nos vies. Pourquoi croire en des moments historiques si ceux-ci ne changent justement pas l’histoire ? La lutte, si c’en est une, pour les 103 millions, est inscrite dans le processus capitaliste. Elle ne remet strictement rien en cause. Si nous pouvons mobiliser tant de monde aujourd’hui, pourquoi ne pas en profiter pour aller plus loin ? Plus loin ne signifie pas encore détruire le système-prison ; seulement soulever un débat de fond sur la question de l’éducation d’aujourd’hui. La plus grande grève du mouvement étudiant se fait pour récupérer une erreur : c’est absurde ! Elle ne peut qu’être faite en demandant du neuf, en prenant ce que nous désirons. Nous sommes le pouvoir.

Finalement, cessons de croire que cette manifestation de la FECQ/FEUQ fut magnifique. Elle fut horrible. Il n’y avait aucun espace pour celles et ceux qui désirent un changement qui ne serait pas un retour vers la normale débile. La grève n’est pas un moment de détente. Si nous étions réellement en colère, nous ne nous poserions pas tant de questions sur des principes qui s’imposeraient d’eux-mêmes. Malheureusement, nous en sommes encore au stade des moutons. Nous préférons nous contenter de suivre un camion entouré d’un service d’ordre fascisant, et d’écouter des chansons des ondes FM (dont certaines, plus contestatrices furent bien évidemment censurées), puis de répéter en un chœur robotique des slogans pour des peanuts, et voilà nous sommes fièrEs de nous.

En définitive, la FECQ et la FEUQ, tout comme les polices syndicales, sont des erreurs et des absurdités qui, pour une réelle émancipation démocratique, sont à détruire…au plus sacrant. Et hier, jamais un slogan n’a eu autant d’impact : FECQ-FEUQ-FLICS, MËME GAMMICK, LE VENT DE DROITE NE PASSERA PAS !



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