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Alcan : les travailleurs mettent la nationalisation à l’ordre du jour

Eric, Vendredi, Février 13, 2004 - 18:51

Pierre Dubuc

L’ensemble du mouvement syndical et progressiste doit apporter le plus rapidement possible son soutien aux travailleurs de l’Alcan et reprendre à son compte leurs revendications, en particulier celui de la nationalisation des installations hydro-électriques de l’Alcan. Quarante ans plus tard, il est temps de compléter la nationalisation de l’électricité au Québec.

Quand ils ont appris que l’Alcan se préparait, avec la complicité du gouvernement Charest et d’Hydro-Québec, à détourner vers les alumineries ABI de Bécancour et Alouette de Sept-Isles les 200 mégawatts récupérés avec la fermeture prématurée des cuves Soderberg, les travailleurs de l’Alcan au Saguenay ont rejeté à l’unanimité l’entente insatisfaisante intervenue en fin de semaine avec la compagnie et ont décidé de poursuivre leur occupation de l’aluminerie en maintenant la production.

Selon Alain Proulx, le président de la Fédération des syndicats du secteur de l’aluminium (TCA-FTQ), «l’Alcan doit s’engager à mettre chaque année, de façon récurrente, la valeur de 200 mégawatts d’électricité dans un fonds spécial destiné à la construction d’usines de transformation de l’aluminium dans la région. »

Les travailleurs de l’Alcan ont également brisé un tabou en réclamant la nationalisation des capacités hydro-électriques de l’Alcan au Saguenay-Lac-St-Jean, qui ont échappé, en 1962, à la nationalisation de l’électricité.

Installée au Saguenay depuis les années 1920, l’Alcan a fait la pluie et le beau temps – surtout, la pluie - dans la région. Pour les fins de ses barrages hydro-électriques, elle a haussé le niveau du Lac Saint-Jean, inondant les meilleures terres agricoles de la région.

Exerçant son influence sur toutes les instances politiques locales, régionales et nationales, l’Alcan a manœuvré pour empêcher l’établissement dans la région d’autres industries pour ne pas avoir à partager la main d’œuvre locale et être obligé de verser de meilleurs salaires.

L’Alcan a toujours eu une attitude coloniale et a considéré la région comme une «company town», au point où le nom même d’Arvida tire son origine des deux premières lettres des prénoms et nom de son p. d.-g. des années 1920, ARthur VIning DAvis.

La propriété privée des immenses ressources hydrauliques patrimoniales du Saguenay Lac-St-Jean accorde à l’Alcan un tel avantage sur ses concurrents que le gouvernement a dû, pour attirer au Québec d’autres alumineries, leur accorder des tarifs préférentiels d’approvisionnement en électricité si scandaleux qu’on a préféré les garder secrets.

La colère des travailleurs de l’Alcan a atteint son paroxysme, lorsqu’ils ont appris de leurs collègues syndiqués d’Hydro-Québec et de l’aluminerie de Bécancour, que la multinationale fermait dix ans plus tôt que prévu ses cuves d’Arvida pour détourner, avec la complicité d’Hydro-Québec et la bénédiction du gouvernement, les 200 mégawatts ainsi récupérés pour les besoins de la réorganisation de l’aluminerie A.B.I de Bécancour, dont l’Alcan détient 25% des actions, et de l’agrandissement de celle de Sept-Isles qu’elle contrôle à 40%.

Dans le cas de l’aluminerie Alouette à Sept-Isles, la nécessité pressante de trouver de nouvelles sources d’énergie découle des problèmes liés à la nouvelle centrale SM-3 de la Côte nord. La centrale ne fonctionne qu’à 65% de sa capacité parce que la roue d’eau, fabriquée aux Indes, est défectueuse par suite d’erreurs lors de la mise en service.

Habituellement, avant d’entrer en opération, les nouvelles centrales sont inspectées par les ingénieurs et les employés d’Hydro-Québec. Ce ne fut pas le cas à SM-3, Hydro-Québec ayant plutôt décidé d’acheter une centrale «clef en main» de General Electric, la multinationale américaine à qui Hydro veut maintenant confier la construction de la centrale thermique du Suroît !

Les travailleurs de l’Alcan, appuyés par toute la population régionale, exigent qu’on mette fin à un système de pillage qui voit les lingots d’aluminium prendre le chemin des Etats-Unis, les jeunes la direction de Québec et de Montréal et les profits les poches des actionnaires de l’Alcan.

Avec le trésor accumulé pendant des décennies par l’exploitation privée d’une ressource patrimoniale, l’Alcan a récemment avalé sa concurrente française Péchiney pour devenir la plus grande aluminerie au monde. Son président, Travis Engen, parle maintenant d’investissements dans des alumineries en Chine, en Afrique du sud… mais pas au Saguenay.

Habitué à traiter avec des gouvernements qui se sont toujours comporter comme de minables petits valets – à preuve, le premier ministre Charest à Davos – la direction d’Alcan enrage devant la dignité, la fierté et la ténacité des travailleurs qui, aujourd’hui, occupent l’usine, poursuivent la production et empêchent la fermeture des cuves.

En effet, les travailleurs contrôlent toute la chaîne de production, de l’arrivée de la bauxite aux installations portuaires de la Baie jusqu’aux salles de cuves, en passant par l’usine chimique Vaudreuil qui convertit la bauxite en alumine, le réseau ferroviaire et les installations hydroélectriques.

De plus, le syndicat a prévenu l’Alcan qu’elle n'a pas intérêt à couper l'approvisionnement en bauxite ou en énergie, parce que ce sont ses autres usines d'électrolyse d'Alma, Laterrière et La Baie qui en souffriront et les dommages seraient considérables.

Les travailleurs ont entre les mains un extraordinaire moyen de pression, mais le rapport de forces demeure précaire. L’Alcan a exprimé son intention de reprendre le plus rapidement possible le contrôle de son usine et on doit s’attendre à des recours juridiques, voire aux forces policières, avec l’appui bienveillant des médias.

L’issue du conflit aura des conséquences sur l’affrontement en cours entre le mouvement syndical et populaire, d’une part, et le patronat et le gouvernement Charest, d’autre part.

Aussi, l’ensemble du mouvement syndical et progressiste doit apporter le plus rapidement possible son soutien aux travailleurs de l’Alcan et reprendre à son compte leurs revendications, en particulier celui de la nationalisation des installations hydro-électriques de l’Alcan.

Quarante ans plus tard, il est temps de compléter la nationalisation de l’électricité au Québec.

Pierre Dubuc

On peut faire parvenir des messages de soutien à l’adresse Internet suivante : apf...@vl.videotron.ca

L'Aut'Journal sur le web
www.lautjournal.info


Sujet: 
J'ai appris, aujourd'hui, qu'
Auteur-e: 
Sined R?ɬ
Date: 
Dim, 2004-02-15 10:31

J'ai appris, aujourd'hui, qu'on saura d'ici mardi si les ouvrier-es vont obéir ou non à l'injonction émise il y a quelque jour.

Solidairement,
Denis


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