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Liberté de la presse: visite à Montréal du journaliste vénézuélien Andrés Izarra

pep, Vendredi, Mai 2, 2003 - 15:30

Pierre-E. Paradis

En ce 1er mai 2003, la FPJQ (Fédération professionnelle des journalistes du Québec) a organisé un souper-conférence en la présence du journaliste vénézuélien Andrés Izarra, dans le cadre de la Journée internationale de la liberté de la presse du samedi 3 mai.

M. Izarra a démissionné de son poste de directeur de production du bulletin de nouvelles El Observador sur la chaîne RCTV pour protester contre la dégradation de la liberté de presse dans son pays. Avec ses trois éditions quotidiennes d'une heure, El Observador est l'émission de nouvelles la plus écoutée au Venezuela.

En ce 1er mai 2003, la FPJQ (Fédération professionnelle des journalistes du Québec) a organisé un souper-conférence en la présence du journaliste vénézuélien Andrés Izarra, dans le cadre de la Journée internationale de la liberté de la presse du samedi 3 mai.

M. Izarra a démissionné de son poste de directeur de production du bulletin de nouvelles El Observador sur la chaîne RCTV pour protester contre la dégradation de la liberté de presse dans son pays. Avec ses trois éditions quotidiennes d'une heure, El Observador est l'émission de nouvelles la plus écoutée au Venezuela.

Suite au premier «coup d'état médiatique» de l'Amérique latine d'avril 2002 (dans lequel le président élu Hugo Chavez avait été destitué pour une période de 48 heures avant de reprendre son poste grâce au soutien militaire et populaire), «la censure a été si grotesque qu'il m'a été impossible de continuer... cela a été une réaction viscérale de ma part». La prise de conscience a été subite, voire brutale, pour ce jeune journaliste de 34 ans ayant aussi travaillé comme affectateur pour la version espagnole de la chaîne CNN.

Le plus étrange est que la censure au Venezuela provient non pas du gouvernement mais bien des grands groupes de presse, liés à l'oligarchie et aux intérêts pétroliers, qui ont sacrifié le journalisme à la poursuite de leurs intérêts financiers. Certains observateurs affirment même qu'il n'y a plus de journalisme au Venezuela. Selon M. Izarra, «les médias sont devenus des partis politiques et ont obtenu le statut d'opposition officielle», ce qui a entraîné des politiques éditoriales très strictes allant jusqu'à interdire, par exemple, de mentionner le nom du président ou des membres de son cabinet!

M. Izarra s'est exprimé devant un parterre de journalistes et de membres de diverses ONG, dans un contexte qu'on pourrait qualifier de «fellinien». Le propriétaire du restaurant mexicain du Vieux-Montréal où se tenait l'événement avait en effet loué, au mépris le plus total de ses engagements, l'autre portion de la salle à un groupe qui fêtait bruyamment avec la complicité d'un orchestre de mariachis! On n'aurait pu faire mieux pour essayer de censurer les propos du journaliste vénézuélien.

Cet incident était, ironiquement, tout à l'image des communications au Venezuela: partiales, exagérées et diffamatoires. En fait, dans le calme des bureaux de Cyberpresse où le conférencier et les auditeurs ont dû se réfugier, nous avons pu apprendre entre autres que:

- La chaîne CNN (qu'on ne pourrait exactement qualifier de gauchiste) est décrite par la droite vénézuélienne comme le «Castro News Network».

- La ville de Caracas (ainsi que certaines autres grandes villes comme Valencia) sont tellement polarisées politiquement entre partisans et opposants du «Chavisme» que cela se réflète même dans une division géographique de la ville, «comme si l'on passait d'un pays à l'autre», de préciser M. Izarra.

- Les membres du gouvernement élu sont régulièrement décrits comme des «éléments indésirables, nègres, singes, incultes» dans une presse qui se veut professionnelle.

- En réaction à ces propos, les quatre grands groupes médiatiques privés de ce pays sont décrits par le président Chavez comme «les quatre cavaliers de l'Apocalypse».

- Le président contre-attaque de manière hebdomadaire sur la télévision d'État, grâce à l'émission Alô Presidente, un monologue pouvant durer jusqu'à cinq heures, parfois entrecoupé d'appels de citoyens triés sur le volet selon le modèle de nos "lignes ouvertes".

Mais dans un ordre d'idées plus positif nous avons pu apprendre que la mise en place d'une démocratie participative inspirée de l'expérience brésilenne va bon train, grâce aux Consejos Locales de Planificación Pública (conseils locaux de planification publique) ainsi que la mise en place de quelque 3000 écoles bolivariennes équipées de connexions à Internet et destinées aux masses défavorisées. M. Carlos Leber du Cercle bolivarien de Montréal ainsi que M. Izarra n'ont d'ailleurs pas manqué de brandir à quelques occasions la constitution vénézuélienne format de poche, en appui au processus démocratique en cours dans leur pays. Par ailleurs, l'accès à une information décentralisée et communautaire est possible grâce à des organismes comme CATIA TV, dont les problèmes de financement ne sont pas rappeler la réalité de nos propres médias alternatifs ici au Québec.

Article décrivant les divers médias alternatifs du Venezuela et les attaques qu'ils ont subies lors du coup d'État d'avril 2002. (En français)


Sujet: 
Merci bien !
Auteur-e: 
Anonyme
Date: 
Sam, 2003-05-03 11:37

C'est drôle, nos grands médias nous concèdent de moins en moins de nouvelles sur le Venezuela ces temps-ci. Et des nouvelles sur le type de censure dénoncé dans le présent article, on n'en a plus depuis le lendemain du coup d'État manqué d'Avril 2002. Peut-être que certains de nos propres barons de la presse d'ici craignent que l'on se mette à faire des rapprochements et des comparaisons avec certaines dérives corporatistes et "gimmicks" politiques de nos propres grands médias?

Des exemples?

- La couverture médiatique exagérée et complaisante accordée à Mario Dumont en 2002, où on l'a même vu à Radio-CAnada nous présenter la télésérie "Bunker - le Cirque" (sur le cynisme et les coups bas en politique), comme s'il était lui-même l'Archétype du politicien vrai, honnête et intègre!

- Le fait qu'on n'ait jamais vraiment osé analyser l'autre interprétation pouvant être faite du tristement célèbre "l'argent et le vote ethnique" de Parizeau en 1995; et que peu ou prou de gens n'a relevé le fait que M. Charest, au dernier débat des chefs, a préféré appeler ça "l'argent et le vote des ethnies" pour dénoncer hors-contexte les propos de M. Parizeau devant de étudiants pendant la campagne.

- Les importants changements éditoriaux survenus au Devoir depuis le départ de Mme Louise Bissonnette, et le fait qu'il s'en est fallu de peu pour que M. Alain DUbuc, de la Presse, en devienne le nouveau directeur. Pourrait-on en savoir plus sur les fameux, anonymes et influents "Amis du Devoir", et sur l'influence de Québécor notamment, un autre joueur important ayant lui aussi beaucoup changé, depuis que Pierre Péladeau n'est plus?

- Etc.

Merci


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