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L'hypocrisie d'Arafat, la brutalité de Sharon et le bras long de Courtemanche

critique, Jueves, Mayo 16, 2002 - 20:24

un commando Critique immuable

Oyez ! Oyez ! Voici un texte écrit par un combattant d'élite mobilisé pour la nouvelle opération de réflexion radicale : « Critique immuable ». N'hésitez pas à vous rendre aux quartiers généraux de la résistance de la raison : www.critiqueimmuable.org. Le texte qui suit porte sur broderie autour du problème du dalot propagandiste dans lequel tombe le journalisme « sérieux » du Devoir.

Les éditorialistes et auteurs de billets d'humeur du très sérieux Devoir, se doutent-ils des attentes que la division du travail médiatique suscitent chez leurs lecteurs agacés par la dilapidation du peu d'espace qu'on trouve dans ce journal ? Je veux dire que le rôle qu'on nous demande de reconnaître à ces auteurs est celui de la production de discours marqués des attributs du sens critique et du jugement personnel, avec lesquels on se propose manifestement de contrebalancer, mettre en contexte et expliquer le contenu des articles composés d'après les énoncés anonymes et factuels des agences de presse. En tout cas, ces articles dus à l'AFP ou l'AP ont, ces deux dernières semaines, relayé sans frémir ni leur opposer la moindre question les perles de la
rhétorique avec laquelle Sharon et ses ambassadeurs dans le monde entier justifient leur nettoyage en Cisjordanie, et qui n'ont d'égal en absurdité que la logique des gouvernements américain ou canadien demandant à peu de choses près qu'on excuse ces massacres. Par exemple, on n'a toujours pas encore entendu une voix demandant pourquoi une seule bombe humaine - vendredi, le 12 avril 2002 - aura
eu l'effet de disqualifier Arafat de plus belle aux yeux d'un Colin Powell, celui-ci de toute façon arrivé dans la région justement pour lui faire le reproche de ne pas condamner les attentats-suicides, dont il est maintenant ridicule de soupçonner que le chef de l'OLP soit le
commanditaire. On n'a pas plus entendu nos intellectuels médiatiques s'indigner du pire, c'est-à-dire du fait que l'affront de Sharon aux résolutions des Nations Unies n'entraîne en revanche aucune modification d'agenda de Powell.

Si on a pu se réjouir du fait que les slogans propagandistes les plus tenaces du fil de presse ne se soient pas encore franchement frayé un chemin jusqu'aux pages du Devoir, la chronique
de Gil Courtemanche parue samedi a tout gâché. Bien sûr, Courtemanche s'acquitte d'emblée de sa tâche : là où on l'attend, il traite Sharon de boucher, références historiques habituelles à l'appui, et
regrette que la manifestation pro-palestinienne à laquelle il a participé vendredi le 12 avril 2002 en compagnie de quatre ou cinq mille personnes n'ait pas été correctement couverte par le journal dans lequel il nous livre son commentaire - preuve que le Devoir est capable d'autocritique. Mais le coeur de son article
réside dans l'exposé énumératif de ses scrupules de manifestant soucieux de ne pas trop donner l'impression (comme si son lectorat avait les yeux tournés sur lui en permanence) qu'il avalise et plébiscite tel ou tel emblème de la résistance palestinienne, ou plus généralement arabe, surtout si cette résistance devait être islamisante, voire islamiste. Or, cette liste d'hésitations à marcher
sous le drapeau du Hamas ou en compagnie d'une icône d'Arafat finit au total par fournir un argument suffisant au lecteur ordinaire pour renoncer à toute expression d'indignation, ce qui équivaut objectivement à admettre que les Forces de Défense (sic) Israéliennes agissent, effectivement, pour protéger leurs populations des attaques
terroristes perpétrées par des kamikazes dont on connaît trop bien les motifs et les retranchements pour se tromper à leur sujet. C'est d'ailleurs sur cette dernière question que l'on s'étonne le plus de voir Gil Courtemanche renoncer à son rôle d'analyste infatigable de la complexité du monde, pour nous rappeler comme le fait machinalement la
petite voix du fil de presse, que «  l'attentat suicide qui a fait huit morts hier à Jérusalem a été revendiqué par la Brigade al-Aqsa, une composante officielle du Fatah d'Arafat », pour ensuite ajouter : « Si Sharon est un boucher, Arafat, lui,
est un faux jeton autocratique qui, en anglais, dénonce la mort des civils israéliens mais qui, en arabe, fait l'éloge des martyrs ». Pourquoi ne pas expliciter ce qui se cache derrière cette formule toute faite, entendue partout, qui suit chacune des évocations des brigades en question, adjonction réflexe qui résume et révèle peut-être à elle seule l'ampleur de la complicité des discours de presse avec le projet d'Israël ? On répète, mais sans jamais le dire vraiment puisque, tout de même, c'est encore à Sharon qu'échoit le fardeau de faire cette preuve que dans tous les corps sacrifiés de cette brigade réside l'esprit et la volonté personnelle d'Arafat. Si Courtemanche qui parle en son nom pense effectivement qu'Arafat est
responsable d'attentats comme celui de vendredi le 12 avril 2002, il faut qu'il le dise, et admette du coup que sa prise de distance d'avec les partisans du Hamas islamiste, ne l'empêche pas de se retrouver dans le camp de Sharon dont la petite voix certainement pas laïque ne
l'aura jamais laissé tout à fait libre pendant la manifestation.

Pour en savoir plus sur le rapport entre les brigades des martyrs d'al-Aqsa et leur rapport réel au Fatah, De la tentation génocidaire israélienne aux misères de la gouvernance hégémonique d'Arafat.

Il s'agissait de la misson 46 contre l'opération américaine « liberté immuable ».

Ce texte a été écrit par un auteur qui tient à rester anonyme et qui ne doit pas être confondu avec Stéphane Bureau. Il oeuvre pour la nouvelle opération de réflexion radicale : « Critique immuable ». N'hésitez pas à vous rendre aux quartiers généraux de la résistance de
la raison : http://www.critiqueimmuable.org.

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