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Un Sommet des peuples sans le peuple?

vieuxcmaq, Martes, Noviembre 14, 2000 - 12:00

Patrice Breton (pbreton@iquebec.com)

Compte rendu de la conférence de presse du RQIC et de Common Frontiers à Québec le mardi 14 novembre en réaction à l'attitude de confrontation adoptée par les autorités politiques et les forces de l'ordre.

Dans une tentative pour apaiser le climat de peur et de tension que sont en train d'instaurer les forces policières et les autorités politiques en vue du Sommet des Amériques de Québec en avril 2001, le Réseau québécois sur l'intégration continentale (RQIC) et Common Frontiers demandent la collaboration des gouvernements municipal, provincial et fédéral. D'après le président de la CSN, Marc Laviolette, il est clair «qu'on veut décourager la participation de la société civile aux activités entourant le Sommet des peuples des Amériques».

Lui et le directeur de la Ligue des droits et libertés, André Paradis, au nom du RQIC, demandent aux autorités politiques d'encourager l'organisation du Sommet des peuples et la participation de la «société civile» aux débats entourant le projet de Zone de libre-échange des Amériques (ZLÉA) au lieu de tenter d'intimider ou de dissuader les gens qui veulent exercer leurs droits démocratiques. Le RQIC et Common Frontiers dénoncent entre autres les propos du ministre Serge Ménard, qui semble privilégier une attitude de confrontation à l'égard des manifestants: «Si tu veux la paix, prépare la guerre».

Pour André Paradis, de telles déclarations, des mesures de sécurité jugées excessives, comme la mise en place d'un périmètre de sécurité de 3,8 kilomètres, ou l'annonce publique de l'évacuation de la prison d'Orsainville, ne peuvent avoir qu'un effet inverse parce qu'elles ne constituent rien de moins qu'une provocation pour les manifestants tout en entretenant «un état d'esprit dans la population où manifestation égale violence». Certaines organisations membres de la coalition, comme la Ligue des droits et libertés, étudient la possibilité d'entreprendre des actions en justice pour contester ces mesures de sécurité qui contreviendraient à la Charte canadienne des droits et libertés, mais le RQIC lui-même se contentera d'appuyer les initiatives en ce sens des citoyens.

En fait, en plus de prier les autorités politiques et les forces de l'ordre de mettre un terme aux déclarations et aux actions qui nuisent à une participation massive de la population, le RQIC et Common Frontiers demandent aux gouvernements de reconnaître l'importance du deuxième Sommet des peuples des Amériques qui se déroulera du 17 au 21 avril, en marge de la rencontre des chefs d'État.

L'Alliance sociale continentale, un réseau panaméricain dont font partie le RQIC et Common Frontiers et qui a organisé le premier Sommet des peuples à Santiago en 1998, réclame une place à la table des négociations entourant le projet de ZLÉA et l'inclusion à un éventuel accord de clauses consacrant la primauté des droits de l'homme, de l'environnement, des droits sociaux, etc., sur les droits du marché. Dans le cadre du Sommet des peuples de Québec, des activités à caractère public seront organisées, comme des conférences, un concert, un teach-in, et les participants pourront discuter les alternatives au projet de ZLÉA dans divers forums thématiques.

Mais les deux coalitions soupçonnent les organisateurs du Sommet des Amériques de vouloir les éloigner du coeur de l'action et ainsi réduire la portée de leurs actions. Déjà, elles se sont fait enlever le Palais Montcalm par la GRC et elles ont dû refuser le Centre de foires parce qu'il est trop éloigné. Il semble finalement que le Sommet des peuples pourra avoir lieu dans un chapiteau installé dans le Vieux-Port de Québec. Et puis, alors que le gouvernement du Québec a déjà offert des subventions pour l'organisation du Sommet des peuples, le RQIC et Common Frontiers croient que le gouvernement fédéral doit lui aussi les aider à recevoir les militants qui viendront de tout le continent.

Il semble d'ailleurs que les gouvernements auraient tout intérêt à reconnaître l'importance du Sommet des peuples et à collaborer à son organisation. Alors que certains craignent que le climat de tension qu'ils entretiennent ne décourage la population de participer aux manifestations et aux activités de sensibilisation, le vice-président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Daniel Lachance, croit que l'attitude des autorités politiques et des forces de l'ordre ne peut qu'éveiller cette population aux enjeux du Sommet des Amériques: «Plus ils vont vouloir s'enfermer dans le secret, y compris avec leurs nouvelles clôtures, plus pour le citoyen ordinaire [...], quand tous les jours il ouvre son journal et qu'on lui dit qu'il ne pourra pas parler, qu'il ne pourra pas manifester, qu'il ne pourra pas savoir ce qu'il se concocte [...], ça va faire en sorte qu'il va se dire: "Si ça prend tant de sécurité, si ça prend un mur de béton pour les protéger, de quoi ils parlent?"»



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