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JOURNÉE SANS ACHAT: Déprogrammez-vous!

chapeau, Jueves, Noviembre 27, 2003 - 15:32

Julien et Hubert

« Consommez moins, vivez plus », tel est le mot d’ordre des millions de non-acheteurs qui encore cette année célèbreront dans plus d’une trentaine de pays –principalement les pays sur-développés- la Journée sans achat. En Amérique du Nord, la célébration aura lieu le lendemain du Thanksgiving Day, soit la journée du 28 novembre, durant laquelle le magasinage atteint chaque année son taux record d’activité.


Le programme s'annonce bien garni cette année pour les Montréalais et Montréalaises qui voudraient participer davantage qu'en achetant rien. Dans la catégorie activités pour tous, notons entre autres que le Café de la Petite Gaule recevra le jeudi 28 novembre l’auteur Serge Mongeau, grand prêtre de la simplicité volontaire. La Coop de la Maison Verte organise de son côté des ateliers et dégustations dans les locaux de son commerce, qui pour l’occasion s’abstiendra ironiquement de vendre quelconque produit. Quant aux activités où « va y avoir du sport », d’abord une masse critique de cyclistes se mettra en branle depuis le carré Phillips (rendez-vous, 17h30) pour gagner ensuite les rues du centre-ville et en perturber le trafic automobile. Il y a ensuite de nombreuses actions créatives présentement en préparation, dans le secret ou la transparence, comme notamment celles des Optative Theatrical Laboratories , qui avaient court-circuité l’an passé un restaurant McDonald’s au moyen de leur théâtre subversif. Il y a enfin le collectif Kconnection qui organise parallèlement à la journée du 28 novembre une Semaine sans vêtement … du 23 au 29 novembre.

Cesser de consommer peut être ardu quand la machine publicitaire, de son côté, refuse de ralentir son rythme infernal. Rien d'étonnant donc qu'une scène de commandos anti-pub ait émergé, depuis un an, dans des villes comme Montréal et Paris . L'anti-consommation ne carbure toutefois pas qu'aux actions directes, et sait s'alimenter aussi en réflexions solides, orientées vers des sujets aussi brulants que la dérive totalitaire de la pub et la nécessaire décroissance économique .

Reste que l'auto-critique dans un mouvement ne devrait jamais disparaître trop longtemps. Des questions crucriales sont en effet à poser: les mouvements progressistes, et le mouvement écolo en tout premier lieu, devraient-ils investir les mêmes supports que la société marchande, comme l'avait fait récemment http://www.cmaq.net/fr/upload/14445.jpg " target="blank"> Adbusters en annonçant sur des camions-pub? Ou dans un autre d'idée, tout le monde a pu entendre déjà le slogan «acheter, c'est voter », mais n'y a-t-il pas dans ce dernier quelque chose de franchement permicieux, pas très loin d'une éloge à la consommation?

Pour en savoir plus à propos de:

-la pub dans le métro ,
-le Saguenay et la Journée sans achat

Sites internet:

- www.adbusters.org et www.antipub.net (Sites des pionners du culture jamming au Canada et en France respectivement)

-www.equiterre.qc.ca (Site de l’OSBL Équiterre dont la mission est de contribuer à un mouvement citoyen en prônant des choix collectifs et individuels à la fois écologiques et socialement acceptables).

-www.simplicitevolontaire.org (Site qui fait la promotion de la simplicité volontaire au Québec)

-www.chez.com/vraireve/presentation.htm (Site de la Corde à linge, un réseau d'échanges de services, de troc matériel et d'entraide qui fonctionne sans argent)

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Asunto: 
Au moins un demi-million de personnes
Autor: 
Louise-Anne Maher
Fecha: 
Vie, 2003-11-28 11:43

Vous pouvez compter sur 535,000 personnes qui je vous l'assure ne consommeront pas le 27, ni le 28, ni le 29. Pour ces personnes c'est la fin du mois.


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Asunto: 
Arrêter de consommer ou consommer autrement?
Autor: 
Alexandre
Fecha: 
Vie, 2003-11-28 15:39

L'objectif de cette ou de ces journées demeurent de sensibiliser la population à la surconsommation, mais ne viserait-on pas mieux en encourageant plutôt le commerce équitable?

Pour ma part j'ai acheté l'Iténéraire hier qui permet à des gens de la rue de s'en sortir.... ha oui pis j'ai acheté un muffin parce que j'avais rien mangé de la journée pis que je mourrais de faim.

Pour noël, si vous avez les moyens bien-sûr, achetez donc équitable au lieu de boycotter les cadeaux.Vous allez montrer à des connaissances qu'il est possble de consommer autrement, c'est à dire: en réfléchissant.


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Asunto: 
Equitable
Autor: 
Louise-Anne Maher
Fecha: 
Vie, 2003-11-28 19:51

Je suis d'accord pour acheter des produits équitables, notre groupe d'achat le fait déjà.

Cependant, j'ai déjà entendu Serge Mongeau encourager les "riches", la classe moyenne, à aller s'habiller dans les vestiaires mis sur pied pour dépanner les pauvres. Ça ça m'est resté en travers de la gorge, et je ne trouve pas que c'est équitable. Faut tout de même pas délirer.


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Asunto: 
Du sable dans l'engrenage
Autor: 
Martin Petit
Fecha: 
Sáb, 2003-11-29 02:23

Que ce soit relativement au « Buy nothing day » (BND) ou au commerce équitable, soutenons toutes les initiatives qui foutent du sable dans l'engrenage du système capitaliste. Je pense que la diversité des tactiques doit être soutenue tout en gardant une critique radicale de la situation.
Même si le BND cadre parfaitement dans le rôle que les maîtres du monde veulent nous confier - c'est-à-dire consommateur ou producteur -, il permet une sensibilisation sans cesse grandissante des gens qui deviennent témoin de la célébration d'un tel événement. Mais pourquoi ne pas le célébrer tous les jours?
D'autant plus qu'en "participant en ne participant pas" (le slogan du BND), on retire peut-être (un jour par an?) notre consentement à la machine de surconsommation mais on devient également passif, la passivité étant une arme redoutable dans ce système de domination.
Et le commerce équitable? (Voir commentaire plus bas) Oui, il faut le soutenir mais en réfléchissant sur le fait que, dans le prix du café équitable par exemple, on retrouve des frais d'assurances relativement au transport, des frais de transport (incluant l'essence des multinationales meurtrières du pétrole) et d'autres frais qui contribuent à engraisser la grosse machine contre laquelle nous nous battons. Et nous restons toujours des consommateurs et non des êtres politisés qui refusent l’exploitation. Parce qu’il ne faut surtout pas oublier que dans la dynamique du consommateur, les plus pauvres d’entre-nous n’ont par leur mot à dire. Si nous rejetons la logique du 1$= 1 vote, adhérer ou non à un mode de consommation ne peut avoir de sens.
Et que savons-nous des revenus des petits producteurs de café? Les revenus du café équitable sont-ils suffisants pour que les petits producteurs puissent vivre décemment? Je n’en sais rien mais je serais prêt à parier que le mot « équitable » n’est peut-être pas celui que les premières personnes intéressées utiliseraient pour décrire ce type de commerce.
Plusieurs pensent – et je m’inclus là-dedans -, que le capitalisme est la racine du problème et que tant que des activités contribueront au système, les changements radicaux n’arriveront pas.
Mais je bois du café équitable et j’ai participé au BND.
Les friperies (voir autre commentaire plus bas) qui de sont pas « bon chic bon genre » et qui gardent des prix raisonnables sur les vêtements usagés font également partie des alternatives au système. On réutilise des vêtements qui, autrement, se seraient retrouvés à la Carrière Miron. Et même si vous êtes riches, contribuer à toute forme de simplicité volontaire ajoute d’autres grains de sable dans l’engrenage. Avec le fric économisé pour ceux et celles qui en ont, il est possible de subventionner des activités subversives et des actions directes.
Ce ne sont que de petits gestes mais leur contribution à grande échelle demeure essentielle.
Solidairement,
m


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Asunto: 
La Journée sans achat : une belle occasion pour participer
Autor: 
Julie & Martin
Fecha: 
Dom, 2003-11-30 15:35

La caméra vidéo à la main, une amie et moi avons décidé de poser quelques questions à des gens qui avaient effectué des achats lors de la Journée sans achat. Le résultat fut bien intéressant. En voici quelques extraits qui se retrouveront bientôt sur l’écran des Lucioles, pas très loin de chez vous.

La première personne que nous rencontrons n’achètera qu’une chose : des fleurs pour sa copine en concert le soir même de la JSA. Devant pareille situation, on ne peut pas dire grand chose, surtout si on tient à tout prix à éviter le jeu malsain de la culpabilité et du jugement.

Plusieurs personnes connaissaient la JSA mais ne savaient pas quand elle avait lieu. Lorsque les gens apprenaient que c’était le jour même, leur expression était particulièrement intéressante. Une dame qui n’a pas voulu répondre à nos questions a tout de même avoué qu’elle savait que c’était la JSA, tout en cachant une bouteille de vin sous son manteau. Une autre femme nous a carrément dit : « C’est le Buy Nothing Day, je le sais, mais on a pas le choix », juste avant de se faire avaler par les portes tournantes d’un grand magasin.

Nous avons également rencontré deux gars forts sympathiques qui venaient de réaliser une action dans le cadre de cette journée. Ils ont reconstitué une sweatshop aux portes d’un Wal-Marde à l’aide d’une table sur laquelle ils avaient placé quelques machines à coudre. Leur action ne semble pas avoir fonctionné comme ils l’avaient planifié mais l’important, c’est de passer à l’action et ils l’ont fait. Ils nous ont montré des images et nous avons échangé sommairement sur notre rencontre spontanée.

Par la suite, une rencontre entre nous et trois jeunes femmes qui travaillent pour une grande firme de marketing de Montréal fut bien instructive. Échange de bons procédés contre une entrevue, nous avons accepté de jouer à un jeu questionnaire portant sur la musique par le biais de la messagerie texte d’un téléphone cellulaire. Même si la réponse donnée était fausse, tout le monde gagnait une carte de plastique valant cinq dollars chez un disquaire du centre ville accompagné d’une promotion sur des téléphones cellulaires. Une des trois femmes connaissait bien la JSA pour l’avoir vécue le jour même sur le campus de l’université qu’elle fréquente. Elles nous a alors confié que des compagnies profitaient de « l’événement » pour distribuer gratuitement une multitude de produits sur le campus et que de ce fait, les gens avaient plus tendance à penser qu’il s’agissait de la journée de la consommation gratuite plutôt que de la JSA. Le système capitaliste possède une formidable capacité de récupération et cet exemple vient encore nous le prouver. D’ailleurs, à la question « Que pensez-vous du fait que vos patrons vous forcent à vendre des trucs dans le métro durant la JSA ? », une des trois nous a lancé qu’elles ne vendaient rien et qu’elles ne faisaient que remettre des rabais aux passants. Ces habitudes sont tellement bien ancrées dans nos modes de vie qu’elles sont considérés normales.

À la toute fin de nos entrevues, nous avons rencontré un groupe de jeunes dont un, cynique à souhait, fêtait son anniversaire. Alors que ses amis semblaient plus critiques sur la question de la surconsommation, lui se dégageait de toute responsabilité face à cette question qui concerne tout le monde. Une femme du groupe se disait très mal informée sur ses choix de consommation. Nous l’avons donc invitée à inspecter les étiquettes qui ornaient ses vêtements. Un sac « Made in China », un manteau fait à Hong Kong, un chandail fait en Indonésie etc. Face à tant d’information, lorsque son amie a voulu lui dire d’où venait sa camisole, elle a déclaré : « J’suis pas sûre de vouloir le savoir… ». Bref, ce fut une rencontre sympathique où le partage du rire et de l’information a eu un effet très positif sur la relation entre le groupe et nous.

En somme, il appert que de plus en plus de gens sont sensibles à ces questions et comprennent bien la limite de la JSA. Ce n’est pas parce que nous allons éviter la surconsommation un jour pas année que les problèmes d’exploitation, de mauvaise redistribution de la richesse et de gaspillage liés implicitement au système capitaliste deviendront des réalités du passé. Pour agir ensemble, l’événement demeure intéressant; il doit toutefois mener à une réflexion plus large et plus profonde sur le sable qu’il faut verser dans l’engrenage pour foutre le bordel intelligemment dans l’échiquier des maîtres du monde actuels. Et pourquoi pas une journée sans achat à tous les jours?


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