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La leçon du Mexique

pier trottier, Viernes, Septiembre 26, 2003 - 17:18

Le Chili s'apprête à signer un accord de Libre Échange avec les États-Unis, comme le fit le Mexique en 1992 dans le cadre le l'ALENA. Mais, où en est rendu le Mexique, au fait?...

Traduit de l'espagnol par Pierre Trottier

LA INSIGNIA

Chili 22-08-2003

La leçon du Mexique

Par Ivan Valdés
El siglo, la Insignia
Chili, août, 2003

Traduction Pierre Trottier

Pendant que le Parlement chilien s’apprête à ratifier à toute vitesse le TLC (Traité de Libre Commerce) avec les États-Unis, et que les plus divers acteurs politiques et sociaux fêtent la concrétisation du magnifique accord, il est intéressant de connaître l’expérience d’un autre peuple latino-américain qui déjà a parcouru le chemin que maintenant nous empruntons.

Il s’est passé déjà une décade depuis ce mémorable 31 décembre 1992, date à laquelle le Mexique signa le Traité de Libre Commerce de l’Amérique du Nord (ALENA, en français), avec les E.U. et le Canada. Un accord qui est la continuation logique des transformations structurelles de coupe néo-libérale que commença à vivre le pays aztèque à partir de 1992, dont l’objectif auto-proclamé était de contrôler l’inflation et de maintenir une croissance soutenue. Aujourd’hui, lorsque débute le nouveau siècle, on peut certainement se demander dans quelle mesure cette promesse s’est réalisée.

Lamentablement, les résultats ne sont pas très encourageants. Dans la décade des années 70, avec les réformes néo-libérales ‘’ d’ajustement structurel ‘’ et sans le TLC, l’économie mexicaine croissait avec une moyenne annuelle de 6,6%, tandis que dans la décade des années 90, elle le fit avec une moyenne de 3,1%. Parallèlement, dans les années 70, le produit par capita avait crû de 3,4% en moyenne annuelle, pendant que dans les années 90, il a crû de 1,3%. Un autre point inquiétant est la forte croissance de la dette extérieure : à la fin de l’année 2000, elle s’élevait aux alentours de 163.200 millions de dollars, plus du double de ce que devait le Mexique en 1982, année pendant laquelle se déchaîna la crise de la dette extérieure.

Les grands fétiches qu’arborent les promoteurs du TLC sont au nombre de deux : l’augmentation des investissements et l’augmentation des exportations. Sous le premier aspect, certainement après l’accord se produisit une forte augmentation des entrées en capitaux : on calcule qu’entre 1998 et 2000, 36.378 millions de dollars entrèrent. Cependant, on ne mentionne pas que dans la même période se produisit un fort déficit des comptes courants – qui est la relation qui existe entre les capitaux qui entrent et ceux qui sortent – avec la sortie de 48.999 millions de dollars, particulièrement pour raison de remises de capitaux aux grandes entreprises qui opèrent au Mexique à partir de leur maison-mère aux E.U.

En ce qui concerne les exportations, il est certain que ces dernières augmentèrent aussi avec la mise en marche de l’accord; cependant, de nouveau la situation est plus complexe. Ce que l’on ne dit pas c’est que la majeure partie de ces exportations correspondent à environ 300 grandes entreprises, en majorité des filiales de transnationales étasuniennes. Quelque 96% des exportations correspondent à ces grandes entreprises, pendant que le dernier 4% est partagé par environ 2 millions de petites et moyennes entreprises mexicaines. Un exemple de ceci est l’industrie du textile qui, après que le TLC fut en vigueur, augmenta considérablement ses ventes à l’extérieur, cependant que 71% de cette industrie est propriété de capitaux étasuniens. Mais cela n’est pas tout : on calcule que pour chaque dollar qu’exporte le Mexique, il reçoit à peine 18 centavos de valeur nationale, situation qui se voit plus aiguë dans les fabriques à sous-traitance où, pour chaque dollar la composante nationale baisse à 2 centavos. On peut rappeler que ces entreprises importent pratiquement toutes leurs fournitures des États-Unis, mais elles s’installent au Mexique afin de profiter de la main-d’œuvre 15 fois moins onéreuse.

Le poids social

Comme maintenant est revenue une coutume dans la Grande Patrie, les peuples furent les plus frappés par la nouvelle institutionnalité économique. On calcule qu’actuellement l’emploi informel – c’est-à-dire celui sans contrat, sécurité sociale ni droits du travail – embrasse la moitié de tous les emplois au Mexique, avec plus de 20 millions de personnes qui travaillent dans ces conditions. Aujourd’hui, 47% de la population mexicaine vit dans la pauvreté, et 19% dans l’indigence.

La situation la plus dramatique est celle qui se vit à la campagne. Après la signature du TLC, ce secteur productif se vit, du jour au lendemain, compétitivement presque sans protection contre l’agriculture nord-américaine qui est actuellement la plus technifiée du monde, et celle qui de plus reçoit le meilleur système de subventions qui existe, avec plus de 180.000 millions de dollars. Cela, sans prendre en considération le puissant arsenal protectionniste non douanier que maintient le pays du Nord, celui qui met en relief son système particulier anti-dumping, qui est du côté de la contestation par l’Organisation Mondiale du Commerce.

L’échange fortement inégal qui se produisit dans l’agriculture en arriva à ce qu’une proportion importante de la production mexicaine soit remplacée par des importations étasuniennes. Un des exemples le plus net est celui du riz, produit que le Mexique passa d’être un important exportateur à importer 50% de sa consommation interne. Une situation similaire est celle des pommes de terre, produit qui se voit empêché ou fortement restreint d’entrer sur le marché nord-américain - alléguant des problèmes phytosanitaires qui sont un des si nombreux mécanismes protectionnistes non douanier qu’utilise le pays du Nord -, pendant que les pommes de terre nord-américaines inondent le marché mexicain. La même chose se passe avec le coton et un grand nombre d’autres produits agricoles. La substitution de production agricole mexicaine par des importations étasuniennes réduisit considérablement les aires cultivées dans ce pays, produisant une grande mise à pied de la main-d’œuvre. Pendant la période 1982-99, la production agricole par habitant chuta fortement, spécialement celle des grains, des viandes et des lactés.

On estime qu’il y a plus de 6 millions de paysans qui émigrèrent dans les villes à la recherche de travail, engorgeant les cordons de misère et engorgeant aussi la marée humaine qui attend une opportunité pour traverser illégalement la frontière des E.U., avec l’espérance d’arriver à ce qu’ils croient être la terre des opportunités, avant que ne les atteigne une balle de ‘’ l’émigration ‘’ ou des fermiers qui ont l’habitude de faire mouche avec ‘’ dos mouillés ‘’.

Actuellement, 70% des paysans mexicains vivent dans la pauvreté et 26,3 millions de personnes vivent dans l’indigence. Plus de la moitié des enfants qui vivent en zones rurales sont sous-alimentés.

Traduit de l’espagnol par :

Pierre Trottier, septembre 2003
Trois-Rivières, Québec, Canada

Source : www.lainsignia.org



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