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Main basse sur Porto Allegre

vieuxcmaq, Sunday, January 27, 2002 - 12:00

Jeroen Van Herstael (cdesjardins10@hotmail.com)

Main basse sur Porto Allegre

A l'heure des ultimes préparatifs du second Forum Social Mondial (FSM) de Porto-Allegre, la presse européenne francophone fait ses choux gras de la participation à cet événement de personnalités politiques reconnues par la plupart des militants "alter-globalisation" comme les exécutants des phénomènes qu'ils dénoncent.

Main basse sur Porto Allegre

A l'heure des ultimes préparatifs du second Forum Social Mondial (FSM) de Porto-Allegre, la presse européenne francophone fait ses choux gras de la participation à cet événement de personalités politiques reconnues par la plupart des militants "alter-globalisation" comme les exécutants des phénomènes qu'ils dénoncent.

Les "socialistes"

Les grandes formations politiques social-démocrates européennes ne se sont intéressées que tardivement au mouvement international d'opposition à la globalisation. Sans doute n'y voyaient-ils qu'un réseau de groupuscules gauchistes à la visibilité dopée par l'Internet mais n'ayant aucune chance de peser réellement sur les débats économiques et sociaux. C'était méconnaitre la diversité de ces mouvements, regroupant des structures et individus d'obédiences très variées; c'était également méconnaître Internet et sa grande puissance d'information et de mobilisation. Ce désintéressement indique enfin une méconnaissance des organisations non-gouvernementales (ONG) qui, parfois après des hésitations, se sont bel et bien associées à la gauche radicale dans l'organisation d'événements militants. Enfin la victoire de la "bataille médiatique" d'Attac-France, pour reprendre l'expression de son président, à largement contribué à ce changement d'attitude.

Depuis un an environ, les portes-paroles des grands groupes politiques socialistes marquent un intérêt de plus en plus significatif envers le réservoir électoral que constitue les sympathisants des "alter-globalistes". En France, en Allemagne et en Belgique, les déclarations se multiplient, qui tendent à faire passer un message comme quoi ce n'est pas parce que l'on privatise à tour de bras, que l'on flexibilise le marché du travail comme jamais, que l'on active les dépenses passives, que l'on réduit drastiquement les budgets sociaux et que l'on clot les frontières qu'on n'a pas le droit d'être contre la globalisation néolibérale. Quoi de plus normal dès lors de se rendre à Porto-Allegre, modèle de démocratie participative, pour bien signifier aux yeux des européens que s'ils sont effrayés par le capitalisme sauvage, les sociaux-démocrates seront là pour les protéger. Ainsi le gouvernement socialiste français dépêche six ministres, le premier secrétaire du parti ainsi que de multiples assistants au FSM. Ainsi le président du parti socialiste belge fera également le voyage, accompagné de sa garde rapprochée. Ainsi le gouvernement allemand enverra lui aussi une importante délégation.

Les "libéraux"

Encore plus cynique est la réaction aux mouvements alterglobalistes des personalités politiques de droite. Passons rapidement sur Jacques Chirac, dont on ne compte plus les voltes-faces en faveur ou en défaveur des politiques sociales, environementales ou d'immigration selon le sens du vent. D'ailleurs le RPR, s'il sera bien sûr représenté à Porto Allegre, ne s'applique pas non plus à en faire son fond de commerce. En revanche, la venue au FSM du premier ministre belge Guy Verofstad, juste après son passage à New-York où s'est déplacé le World Economique Forum (WEF) de Davos, n'a pas fini de faire parler d'elle. Le quotidien "Le Monde", qui n'est assurément pas un journal militant, qualifiait Verofstad il y a à peine deux ans de "flamingant ultralibéral surnommé "Baby Tatcher". L'intéressé, qui s'est effectivement longtemps revendiqué de la politique de la Dame de fer, a débuté son "dialogue" avec les mouvements alter-globalistes par une attaque frontale, une tribune publiée dans de nombreux pays, dans laquelle il accuse ces mouvements d'être proches des thèses d'extrême droite. Le chef du gouvernement belge n'en a pas moins obtenu une intervention au FSM de cette année, alors que les organisteurs peinent à donner la parole aux milliers d'animateurs de mouvements sociaux venus parler de leurs idées d'alternatives à la globalisation libérale. Selon le quotidien belge "Le Soir", il aurait, comble de volontarisme, lui-même téléphoné au comité organisateur du FSM pour défendre sa venue et sa prise de parole.

Si l'on tient également compte de la délégation du candidat à la présidence française Jean-Pierre Chevènement, des délégations des multiples gouvernements et des lobbyistes internationaux des grandes ONG proches de la Banque Mondiale, à quoi risque de ressembler la seconde édition du FSM ? A un type d'événement que les militants alterglobalisation connaissent bien puisqu'ils s'y rendent régulièrement partout à travers le monde depuis quelques années. De petits groupes de bonshommes encravattés pendus à leur portables et à leurs valises de cuir, protégeant la personnalité économique ou politique qu'ils accompagnent de la foule bigarée et légèrement menaçante parcourant la ville. Pour que la comparaison soit parfaite, le gouvernement brésilien compte-t-il mobiliser un nombre important de policiers afin d'assurer la sécurité des congressistes ? La tentation de voyager continuellement, de descendre dans de beaux hôtels et d'être reconnu comme interlocuteur valable par d'importantes personnalités est-elle si forte que les leaders des mouvements alter-globalisation vont permettre cela ?



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